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Diane Morency, Richard Landry et Marianne Morency-Landry sur le pont Landry, qui rappelle la deuxième vague de colonisation agricole au Témiscamingue, dans les années 1930. Photo : Photos : Émélie Rivard-Boudreau

Diane Morency, Richard Landry et Marianne Morency-Landry sur le pont Landry, qui rappelle la deuxième vague de colonisation agricole au Témiscamingue, dans les années 1930. Photo : Photos : Émélie Rivard-Boudreau

La famille du P’tit pont couvert de Latulipe

LATULIPE-ET-GABOURY — Dans le décor enchanteur de la rivière Fraser et d’un bucolique pont couvert, la famille Landry exploite bien humblement une petite ferme bovine, depuis près de quatre générations. Ce mode de vie simple tisse de forts liens entre Richard Landry, sa conjointe Diane et leur fille Marianne, qui apporte de nouvelles couleurs à cette ferme familiale du Témiscamingue.

« Mon grand-père Joseph Landry et sa femme Éva Grondin sont venus de la Beauce. Mon père avait quatre ans quand il est arrivé », raconte Richard Landry, aujourd’hui propriétaire de la ferme à son nom. À l’époque, Joseph Landry détenait quelques veaux, vaches, poules, cochons, moutons et travaillait comme garde-feu. Il faisait la traite de quatre vaches laitières et vendait le lait et la crème à la beurrerie du village. « Il attelait même un bœuf et un cheval ensemble pour faire certains travaux. C’était rare ça! » mentionne son petit-fils, maintenant sexagénaire.

Du laitier au bovin

Le père de Richard Landry, Jean-Claude, a repris la ferme à son tour en 1959. À ce moment, le troupeau était surtout constitué de vaches laitières. Jean-Claude Landry s’adonnait aussi à des travaux forestiers. « C’était difficile d’arriver juste avec la ferme dans ce temps-là », affirme Richard.

Après avoir passé un été sans animaux, ses parents ont finalement racheté « 10 vieilles picouilles » à l’encan. « Ils ont croisé ça avec un taureau Hereford que les voisins avaient et c’est comme ça que notre troupeau a commencé. Peut-être pas de la meilleure façon, comme c’était avec des vaches laitières, mais bon! » se souvient l’agriculteur avec autodérision.

« Richard a fait une bonne job d’insémination pour avoir ce troupeau-là. Ce ne sont pas des pur-sang, mais ce sont vraiment des vaches à bœuf », ­mentionne sa femme Diane avec admiration. Depuis 1978, soit 42 ans, Richard Landry s’en tient à 100 têtes – 50 vaches et leurs veaux. « J’en ai déjà eu plus que ça, mais je n’en veux pas plus. Je n’aime pas les gros troupeaux et les grosses affaires », exprime-t-il.

Grande amoureuse des animaux, Marianne a fait un troisième retour aux sources il y a cinq ans.

Grande amoureuse des animaux, Marianne a fait un troisième retour aux sources il y a cinq ans.

La couleur de Marianne

Une quatrième génération de Landry entre en jeu. Depuis cinq ans, Marianne s’est installée au sous-sol de la maison familiale et met la main à la pâte. Selon son père, elle contribue grandement au bien-être des animaux. « J’ai toujours eu un amour pour les animaux et la nature. Ç’a toujours été ancré en moi », témoigne-t-elle.

Après avoir obtenu un premier diplôme en esthétique, un deuxième en secrétariat, elle termine un DEP en production animale au Centre Frère-Moffet de Ville-Marie. Elle a fait ce choix après avoir fait un « troisième retour aux sources » à Latulipe, entrecoupé d’expériences de travail en Abitibi. « Après un troisième retour aux sources, tu te dis ouin… il y a quelque chose qui m’attire et ce n’est certainement pas de vivre avec mes parents! » dit-elle en faisant pouffer de rire les principaux concernés.

Aucun plan n’est actuellement établi pour la relève de la ferme. Plusieurs travaux sont à prévoir dans les prochaines années et prendre le flambeau en solo inquiète la jeune trentenaire. Marianne a quand même la tête remplie de projets en imaginant sa vie en autosuffisance sur la terre : grand jardin, tourisme, poules… Elle a même trouvé un nouveau nom à la ferme sur Facebook : la Ferme au P’tit pont couvert Landry. 

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