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Au fil des épreuves, Guylaine Raymond et sa fille Roxanne Sorel ont appris qu’elles formaient une grande équipe. Photo : David Riendeau

Au fil des épreuves, Guylaine Raymond et sa fille Roxanne Sorel ont appris qu’elles formaient une grande équipe. Photo : David Riendeau

Continuer malgré ceux qui nous quittent

SAINT-MICHEL  En août 2019, les décès de Jean-Guy Sorel et de Sarto Raymond laissaient à Guylaine Raymond et Roxanne Sorel une peine immense et une ferme à exploiter. Avec la solidarité de leurs proches, mère et fille ont trouvé malgré tout la force de terminer les récoltes. 

Pour la famille Sorel-Raymond, qui produit des pommes de terre et des grains sur 380 acres (154 ha), les événements dramatiques se sont précipités à partir de juin 2019, lorsque Jean-Guy, le mari de Guylaine et père de Roxanne, a reçu un diagnostic de cirrhose pulmonaire à 58 ans. « Il était au CHUM en attente d’une greffe de poumon quand il est parti », raconte avec émotion Guylaine.

Roxanne vouait une grande admiration à son père Jean-Guy Sorel, un agriculteur talentueux et passionné. Photo : Gracieuseté de la famille Sorel-Raymond

Roxanne vouait une grande admiration à son père Jean-Guy Sorel, un agriculteur talentueux et passionné. Photo : Gracieuseté de la famille Sorel-Raymond

Un malheur n’arrivant jamais seul, le père de Guylaine, Sarto Raymond, qui vivait avec le couple à la ferme, est décédé d’une crise cardiaque une semaine plus tard. Il avait 83 ans.

Bien qu’accablées par le deuil, Guylaine et Roxanne sentaient qu’elles avaient l’obligation morale de récolter ce qui avait été semé au printemps. Mais Jean-Guy était le pilier de la ferme, l’homme aux mille talents vers qui tout le monde se tournait en cas d’imprévu, et Roxanne manquait d’expérience.  « Mon père était mon principal appui et conseil. Du jour au lendemain, beaucoup de responsabilités tombaient sur mes épaules », confie la jeune femme.

De l’aide

N’écoutant que leur courage, les deux femmes se sont données à corps perdu dans l’ouvrage. Plusieurs producteurs de la région se sont montrés d’une grande générosité à leur égard, comme Joël Dulude, à qui Jean-Guy avait déjà prêté main-forte lorsque celui-ci avait perdu son père, Daniel Pinsonneault, toujours prêt à dépanner, Robert Beaulieu, qui a prêté ses employés, et Robert Kyle, dont le garage a servi pour entreposer un surplus de patates. « À une époque où l’on pense que seul l’argent compte, ils ont été nos anges gardiens », témoigne Guylaine avec reconnaissance.

Quant au reste de la famille, à commencer par les autres enfants de Guylaine, Marie-Carmen et Pierre-Yves, de même que Robin, l’épouse de Roxanne, ils ont tous mis la main à la pâte, que ce soit au champ ou à la maison, dans cette période difficile. « L’épreuve nous a tous soudés », commente Roxanne.

En dépit d’une météo capricieuse et de plusieurs bris mécaniques, les deux femmes ont finalement été capables de terminer les récoltes. « Quand il y avait des moments de découragement, je me rappelais ce que Jean-Guy me disait dans ces moments-là : “Vas-y, essaye. Trouve ta solution!”, relate Guylaine. À la fin de la saison, j’ai compris que j’avais en moi tout ce qu’il fallait pour réussir. »

Unis par la terre

Si la saison 2019 s’est conclue dans un sentiment d’urgence, la saison 2020 s’est avérée plus difficile, concède Roxanne. « La poussière est retombée et on a eu beaucoup de remises en question. Finalement, on a choisi de continuer parce qu’on aime cette vie-là. » La jeune femme, qui a travaillé comme gestionnaire des opérations de transport avant de revenir à la ferme il y a trois ans, est plus déterminée que jamais à marcher dans les traces de ses parents. « Je me voyais le faire aux côtés de mon père, mais je ne m’imagine pas arrêter aujourd’hui. La terre est le lien qui m’unit à lui. »

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