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L’industrie laitière travaille à trouver des solutions de rechange pour les sous-produits à base d’huile de palme. Photo : Martin Ménard Archives/TCN

L’industrie laitière travaille à trouver des solutions de rechange pour les sous-produits à base d’huile de palme. Photo : Martin Ménard Archives/TCN

Les sous-produits de l’huile de palme, difficiles à remplacer

À la suite de l’annonce demandant aux producteurs laitiers de cesser d’utiliser des sous-produits à base d’huile de palme, une équipe d’experts en nutrition chez Lactanet étudie les différents produits en vente sur le marché afin de pouvoir proposer des combinaisons pour remplacer ceux qui étaient utilisés.

Le principal défi est de trouver un substitut pour les sels de calcium qui donne un apport énergétique crucial à certaines vaches en début de lactation et aide à prévenir les problèmes de santé reliés à une perte de poids. « Il n’y a pas d’équivalent qui existe ou qui a fait ses preuves, affirme Daniel Lefebvre, chef de l’exploitation chez Lactanet. Il y a une panoplie d’additifs alimentaires qui, regroupés, peuvent diminuer les impacts. »

Christian Gonthier, vice-président au développement des affaires et opérations aux Meuneries Mondou, estime qu’on leur a enlevé un outil performant qui sera difficile à remplacer. « Il y a d’autres sources d’énergie, comme le maïs, mais il y a une quantité maximale qu’on peut donner pour garder le rumen en santé. Le gras permettait de faire plus. Sans gras, la performance sera moindre », soutient-il

Un autre produit fabriqué à partir du fractionnement de l’huile de palme servait à augmenter la proportion de matières grasses dans le lait. Daniel Lefebvre estime qu’il est plus facile de s’en passer. Cependant, la productivité ne sera pas la même. À court terme, les producteurs de lait sont invités à consulter leur conseiller en nutrition pour les aider dans cette transition.

Transition amorcée

De son côté, Belisle – Solution & Nutrition avait déjà amorcé une transition en misant sur la qualité du fourrage plus digestif plutôt que sur les additifs alimentaires. L’entreprise a développé des mélanges de semences de fourrage.  « On a pris le problème en amont. Ça nous a confirmé qu’on avait raison », affirme Nathalie Gentesse,
présidente-directrice générale de l’entreprise. Elle explique également que des fibres qui se digèrent bien permettent d’avoir un meilleur apport en gras dans le lait.

Une autre entreprise, Nuvac, a développé il y a quelques années un produit naturel à base de bactéries, de levures et d’enzymes, qui aiderait la vache à mieux assimiler son alimentation. Le vice-président, Bruno Demers, soutient que le fumier des ruminants qui utilisent le produit ne comprend plus de fibres longues, signe qu’elles ont été bien digérées.

D’autres huiles

Daniel Lefebvre aimerait qu’un manufacturier puisse créer le même type de sels de calcium, mais à partir d’autres huiles moins dommageables pour l’environnement afin d’en évaluer les propriétés.

Yvan Chouinard, professeur à l’Université Laval et chercheur, en a déjà créé dans le passé à base d’huile de canola. « Les sels de calcium d’huiles insaturés comme le canola ou le soya causent souvent une chute du taux de matières grasses du lait, ce qui n’est pas le cas de ceux fabriqués avec l’huile de palme », avance-t-il. Le chercheur mentionne toutefois qu’un produit conçu avec de l’huile de colza a été développé en Europe et se rapproche des sous-produits de l’huile de palme.