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Après avoir été témoin des pires atrocités au Rwanda, le lieutenant-général Roméo Dallaire a trouvé la paix à Saint-Roch-des-Aulnaies. Photos : Maurice Gagnon

Après avoir été témoin des pires atrocités au Rwanda, le lieutenant-général Roméo Dallaire a trouvé la paix à Saint-Roch-des-Aulnaies. Photos : Maurice Gagnon

Roméo Dallaire a trouvé son havre de paix

SAINT-ROCH-DES-AULNAIES — Le lieutenant-général Roméo Dallaire a déposé les armes et c’est à la frontière entre Chaudière-Appalaches et le Bas-Saint-Laurent, dans une grande maison bicentenaire entourée de champs, d’arbres et d’un promontoire avec vue sur le Saint-Laurent et les Laurentides qu’il a établi son havre de paix.

Après avoir vécu en ville, principalement à Montréal et à Québec, Roméo Dallaire et sa conjointe Marie-Claude Michaud ont acquis en avril une propriété qu’ils ont rénovée. Un drapeau canadien flotte devant la résidence. « Quand une armée s’installe quelque part, elle plante un drapeau et ça veut dire qu’elle est là pour longtemps », raconte ce militaire, qui s’est fait connaître pour la mission humanitaire qu’il a menée au Rwanda alors qu’il était commandant de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR). Il a aussi planté un chêne et trois pommiers pour plonger solidement ses racines sur la Côte-du-Sud.

Une vaste bibliothèque occupe tout un mur du bureau que ce passionné d’histoire partage avec sa conjointe. Dans le salon, un meuble vitré regroupe les pièces de sa collection de figurines militaires. À l’étage, une chambre-musée est consacrée aux souvenirs accumulés au fil des ans. Chez lui, tout respire la quiétude. Seul le carillon de l’horloge est là pour nous rappeler que le temps suit son cours.

Roméo Dallaire admire quelques pièces de sa collection de soldats miniatures marquant plusieurs époques.

Roméo Dallaire admire quelques pièces de sa collection de soldats miniatures marquant plusieurs époques.

Chemin vers la campagne

Roméo Dallaire a quitté le Sénat canadien en 2014. Avant de s’installer à Saint-Roch-des-Aulnaies, il vivait depuis 2016 à Halifax où il a fondé en 2007 l’Institut Roméo-Dallaire à l’Université Dalhousie, devenu depuis un centre international d’expertise sur la problématique des enfants soldats. Comme Marie-Claude Michaud habitait à Québec, le couple voulait s’établir à la campagne dans un rayon d’une centaine de kilomètres de la Vielle Capitale.

Après avoir exploré les secteurs de Thedford Mines et de la Côte-Nord, les amoureux ont été séduits par la beauté du fleuve et des montagnes, mais aussi « par le respect que les gens de la région, accueillants et attentifs, ont conservé à l’égard de leur histoire ». Ils ont d’abord loué une maison à Saint-Roch-des-Aulnaies avant de découvrir sur Internet celle qui allait devenir leur résidence permanente.

Encore actif, l’auteur du livre J’ai serré la main du diable donne des conférences sur la résolution de conflits, le leadership et la santé mentale. La cause des enfants soldats de même que les conditions de vie pour les vétérans et leur famille lui tiennent toujours à cœur.

Après une carrière de 36 ans dans les Forces armées canadiennes, Roméo Dallaire vit en sérénité avec une nature qui nourrit et qui change au fil des saisons. « Tout nous enchante ici… à part le manque d’eau potable », mentionne-t-il.