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Pierre Bouchard produit du soya, du maïs, de l’orge de brasserie, du blé, des pois et des haricots. Crédit photo : Vincent Cauchy/TCN

Pierre Bouchard produit du soya, du maïs, de l’orge de brasserie, du blé, des pois et des haricots. Crédit photo : Vincent Cauchy/TCN

Hockeyeurs et agriculteurs de père en fils

VERCHÈRES — Son nom est peut-être gravé cinq fois sur la coupe Stanley, mais aujourd’hui, ce qui remplit Pierre Bouchard de fierté, ce sont les 1 200 acres de terres qu’il cultive depuis maintenant une quarantaine d’années.

« Honnêtement, je suis fier de l’ensemble de ma carrière. Le hockey, c’était l’hiver. On finissait au mois de mai, puis je venais à la ferme et je la voyais progresser », se souvient Pierre Bouchard qui a fait l’acquisition de sa maison et de son premier lot de terre en 1974, alors qu’il amorçait sa cinquième saison dans l’uniforme des Canadiens de Montréal.

Pierre Bouchard et son père Émile, constituent le duo père-fils le plus prolifique de l'histoire de la LNH avec neuf conquêtes de la coupe Stanley. Crédit photo: Gracieuseté de Pierre Bouchard.

Pierre Bouchard et son père Émile, constituent le duo père-fils le plus prolifique de l’histoire de la LNH avec neuf conquêtes de la coupe Stanley. Crédit photo: Gracieuseté de Pierre Bouchard.

Si aujourd’hui il est presque impensable pour un joueur de hockey professionnel de posséder et d’exploiter une ferme en parallèle parce qu’il doit s’entraîner à longueur d’année, à l’époque, la situation était bien différente. D’ailleurs, le père de Pierre Bouchard, Émile « Butch » Bouchard, intronisé au Temple de la renommée du hockey, était apiculteur et possédait environ 200 ruches.

« J’ai toujours aimé les fermes. Lorsque j’étais jeune, à Longueuil, notre cour était d’une grandeur équivalente à huit terrains réguliers et nous avions des abeilles. Les grands espaces, ça m’a toujours fasciné », se souvient l’ancien défenseur aujourd’hui âgé de 69 ans. « Quand ma carrière de hockey a pris son envol, j’avais du temps libre l’été. Lorsqu’est venu le temps d’acquérir une maison, j’ai voulu m’acheter quelque chose qui comportait une ferme et une terre pour m’y installer et voir ce que je pourrais en tirer. »

S’il n’était pas rare de voir ses coéquipiers sur les allées de golf au cours de la saison morte, la place de Bouchard était dans ses champs, à trimer dur pour atteindre les rendements désirés.

Crédit photo : Vincent Cauchy/TCN

Crédit photo : Vincent Cauchy/TCN

« Beaucoup d’amis jouaient au golf. Je leur disais : “Ça me coûte le même montant qu’un abonnement dans un club, mais moi, j’achète le terrain.” Aujourd’hui, moi, j’ai le terrain, et eux ont mal au dos et ne pratiquent plus le golf », dit en rigolant celui qui a tout de même dû investir toutes ses économies au cours de sa carrière de joueur dans son exploitation pour en arriver finalement à en retirer des bénéfices. « Quand je jouais au hockey, mon salaire entier passait dans la ferme. C’était vraiment une passion. J’allais à toutes les expositions, à tous les endroits où je pouvais aller chercher de l’information. »

Ce désir d’apprendre et cette passion pour la terre ont attiré l’attention de son voisin, René Desmarais, également agriculteur. Ce dernier l’a pris sous son aile et lui a montré les rudiments du travail du sol. Aujourd’hui, M. Desmarais, 81 ans, et son fils Stéphane sont employés de la Ferme Bouchard.

« Il m’a tout appris. Ça fait maintenant 44 ans qu’il travaille avec nous », souligne fièrement Pierre Bouchard, qui produit notamment du soya, du maïs, de l’orge de brasserie, du blé, des pois et des haricots, en plus d’avoir déjà possédé un cheptel de 140 bœufs.