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Laurence Bousquet et Angéline Robichaud sont convaincues qu’une approche préventive en ergothérapie pourrait aider les agriculteurs à éviter des blessures. Photo : Gracieuseté de Laurence Bousquet

Laurence Bousquet et Angéline Robichaud sont convaincues qu’une approche préventive en ergothérapie pourrait aider les agriculteurs à éviter des blessures. Photo : Gracieuseté de Laurence Bousquet

Deux étudiantes veulent rapprocher l’ergothérapie du milieu agricole

Combiner agriculture et ergothérapie? C’est le défi que se sont lancé deux étudiantes à la maîtrise en ergothérapie de l’Université de Sherbrooke.

Dans le cadre de leur stage de recherche, Laurence Bousquet et Angéline Robichaud ont voulu explorer l’apport potentiellement bénéfique de cette technique sur le travail des agriculteurs. « J’ai été élevée dans une ferme, alors c’est une réalité que je connais bien », confie Mme Bousquet. Sa consœur a pour sa part travaillé pendant plusieurs années dans le milieu vinicole et sylvicole.

Selon elles, le travail des agriculteurs se distingue d’à peu près tous les autres en impliquant des tâches aux risques multiples, allant des blessures musculosquelettiques, aux accidents, jusqu’au stress lié à plusieurs éléments, dont la conciliation travail-famille. « L’ergothérapie est le complément idéal pour aider les agriculteurs à trouver un équilibre, tant du côté physique que psychologique, et leur éviter de développer des problèmes », croit Mme Robichaud.

Les étudiantes ont entrepris de tracer un portrait de la situation en matière de services destinés spécifiquement aux agriculteurs. « Nous avons pu conclure qu’il y avait un manque, d’abord sur la connaissance du milieu agricole par les ergothérapeutes et ensuite par les agriculteurs eux-mêmes, qui connaissent mal ce que l’ergothérapie peut leur apporter », indique Laurence Bousquet. Selon elles, le milieu agricole est pourtant très ouvert à intégrer cette approche aux services qui sont actuellement offerts en prévention.

Les étudiantes aimeraient donc que leur étude serve à ouvrir la voie à une meilleure utilisation du « potentiel de l’ergothérapie dans le milieu agricole ». « Il arrive que les agriculteurs consultent un ergothérapeute après avoir subi une blessure. Mais pour agir en amont des problèmes, l’ajout d’un ergothérapeute aux équipes de prévention de l’Union des producteurs agricoles, par exemple, aiderait à sensibiliser à plus grande échelle cette clientèle et éviter à un plus grand nombre d’entre eux de développer des problèmes qui peuvent nuire à leur travail », précise Mme Bousquet. Sa consœur et elle doivent encore terminer une année d’étude avant l’obtention de leur diplôme, mais elles sont motivées à continuer leur démarche auprès des agriculteurs lorsqu’elles mettront les pieds sur le marché du travail.

Jusque dans la cabine du tracteur

Selon Laurence Bousquet, un ergothérapeute peut, par exemple, aider un agriculteur à revoir la configuration de sa cabine de tracteur pour lui éviter de faire certaines torsions pouvant créer à long terme des troubles musculosquelettiques. Sur le plan psychologique, l’ergothérapeute pourrait suggérer, selon la situation de chacun, d’imbriquer aux activités quotidiennes quelques courtes pauses. « Ce sont de petites choses qui, dans l’ensemble, peuvent avoir un effet bénéfique sur le stress accumulé pendant une journée », explique l’étudiante.