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Québec sera aux audiences de l’OMC pour défendre les vins d’ici

Des représentants du ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI) participeront aux audiences de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ce jeudi 18 juillet, en Suisse, afin de protéger l’accès privilégié des vins québécois aux épiceries, dénoncé par l’Australie.

L’OMC se penchera sur une plainte formulée par l’Australie en janvier 2018, qui juge discriminatoire le système de distribution des vins importés comparativement à celui des vins canadiens. Cette cause qui sera entendue à Genève vise la Colombie-Britannique, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse, mais aussi le Québec. Depuis 2016, la loi 88 permet aux vignerons d’ici de vendre leurs bouteilles directement en épicerie et dans les dépanneurs sans transiter par la Société des alcools du Québec (SAQ).

Le gouvernement travaille depuis plusieurs mois à « l’élaboration de la défense de ces mesures à l’OMC », s’est limité à dire par courriel le MEI pour justifier sa présence à Genève cette semaine. Le président du Conseil des vins du Québec (CVQ), Yvan Quirion, se réjouit d’ailleurs des efforts de l’État à faire valoir cette loi qui, depuis son adoption, a donné à de petits producteurs la possibilité de développer leur marché localement.

M. Quirion ne comprend pas « l’arrogance » et « l’acharnement » de l’Australie à vouloir bénéficier de ce même traitement, alors qu’il est derrière l’un des vins les plus vendus dans la province, le Wallaroo Trail. « Il faut rester optimiste, on n’a pas le choix. […] Je ne vois pas comment un juge pourrait déclarer que le Québec est méchant avec l’Australie. C’est impossible », affirme-t-il.

Celui qui est aussi propriétaire du Domaine Saint-Jacques, en Montérégie, précise que le vin québécois ne représente que 1 % des ventes en épicerie, soit environ 117 000 bouteilles l’an dernier. Si la loi 88 a incité des producteurs québécois à planter plus de vignes, la présence de leurs vins demeure marginale en épicerie, souligne le président du CVQ.

Selon des informations obtenues par M. Quirion, l’OMC pourrait rendre sa décision seulement en novembre prochain. Advenant que l’Australie obtienne gain de cause dans cette affaire, le président n’hésitera pas à lancer un appel au boycottage, assure-t-il.