International 6 mars 2026

Le boycottage des alcools américains s’invite dans la révision de l’ACEUM

Le boycottage des alcools américains par des provinces canadiennes sera certainement au menu des sujets abordés dans les quatre prochains mois par les États-Unis en vue de la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Le sous-secrétaire au Commerce et aux Affaires étrangères du département de l’Agriculture des États-Unis, Luke Lindberg, y a fait allusion lors du 102e Forum sur les perspectives agricoles, le 19 février. 

Luke Lindberg

J’ai rencontré une entreprise vinicole en Californie la semaine dernière. La direction prise par les premiers ministres canadiens consistant à retirer notre alcool des rayons constitue un mauvais comportement. Il faut appeler un chat un chat : c’est injuste. C’est une barrière non tarifaire imposée à nos produits qui ne devrait pas exister.

Luke Lindberg

Rappelons que le 4 mars 2025, en réponse aux tarifs de 25 % imposés à l’époque par Donald Trump sur l’ensemble des exportations canadiennes, le premier ministre François Legault a demandé à la Société des alcools du Québec (SAQ) d’interdire la vente de produits américains sur ses tablettes et son site transactionnel ainsi que de cesser d’approvisionner les épiceries, les agences, les bars et les restaurants avec ces produits. La mesure demeure en vigueur à ce jour, à l’exception, depuis le 12 février dernier, des produits dont la qualité pourrait être altérée d’ici à mars 2027. Ces derniers seront vendus au rabais et les recettes seront remises à l’organisme Banques alimentaires du Québec.

Les exportations de spiritueux américains au Canada, considéré comme le 2e marché pour ces produits, ont chuté de 85 % au deuxième trimestre de 2025 en raison du boycottage canadien, a indiqué le Distilled spirits council of the United States, dans le cadre des consultations publiques sur l’examen de l’ACEUM aux États-Unis, en octobre. « Notre priorité absolue est de garantir le retour immédiat et permanent des spiritueux américains sur les tablettes des détaillants de toutes les provinces canadiennes ainsi que l’établissement de nouvelles disciplines visant à interdire explicitement aux provinces de bannir la vente de spiritueux », lit-on dans la lettre déposée par l’organisme au Bureau du représentant américain au Commerce. L’organisme souhaitait alors l’appui de son gouvernement pour enjoindre au Canada et aux provinces d’éliminer ces « pratiques discriminatoires », mais également de revoir certaines pratiques d’organismes provinciaux jugées incompatibles avec les règles de l’ACEUM et de l’Organisation mondiale du commerce. Comme la majoration des prix, moins élevée pour les spiritueux locaux que pour ceux importés dans certaines provinces. Au Québec, on demande davantage de flexibilité à la SAQ en matière de politique d’ajustement des prix et d’interdiction de suremballage. 

Au Forum, le sous-secrétaire Lindberg a souligné que l’équipe du Bureau du représentant américain au Commerce travaille actuellement pour s’assurer que « certains points » seront réglés d’ici au 1er juillet 2026, date à laquelle les trois pays signataires se prononceront sur la reconduction de l’ACEUM jusqu’en 2042.