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Même si les cultures sont différentes, les principes de gestion écosystémique sont les mêmes, de Saint-Michel-de-Bellechasse à l’Altiplano. Crédit photo : Gracieuseté de Marie-Hélène Noël

Même si les cultures sont différentes, les principes de gestion écosystémique sont les mêmes, de Saint-Michel-de-Bellechasse à l’Altiplano. Crédit photo : Gracieuseté de Marie-Hélène Noël

Une agricultrice qui redonne au suivant

La productrice Marie-Hélène Noël habite Saint-Michel-de-Bellechasse et se consacre principalement à la culture et à la transformation des plantes médicinales. Depuis l’an dernier, elle quitte ponctuellement son douillet cocon des vallons michelois pour les montagnes arides de la Bolivie et du Pérou où elle participe à des projets de coopération internationale. C’est sa façon de redonner au suivant et de combler son côté nomade.

Marie-Hélène Noël avait une idée précise de son plan de carrière lorsqu’elle a entrepris ses études en agronomie à l’Université Laval. « Mon but était de faire du développement international. Après plusieurs voyages, un stage au Sénégal et une année d’études en agronomie au Mexique, je me suis rendu compte qu’au Québec aussi, il y avait beaucoup à faire », explique celle qui n’avait pas encore terminé son baccalauréat lorsqu’elle a acquis sa ferme, il y a 17 ans.

« Au début, je cultivais des produits maraîchers et des fruits bio, mais l’herboristerie a pris tranquillement le dessus, et aujourd’hui, ça domine mon travail », relate la propriétaire de l’Herboristerie La Maria.

Marie-Hélène Noël est dans son élément au Pérou et en Bolivie. Son statut d’agricultrice lui permet d’entrer facilement en relation avec les producteurs locaux, malgré la barrière de la langue. Si l'herboriste parle couramment l’espagnol, l’aymara demeure une langue pleine de mystères pour elle. Crédit photo : Gracieuseté de Marie-Hélène Noël

Marie-Hélène Noël est dans son élément au Pérou et en Bolivie. Son statut d’agricultrice lui permet d’entrer facilement en relation avec les producteurs locaux, malgré la barrière de la langue. Si l’herboriste parle couramment l’espagnol, l’aymara demeure une langue pleine de mystères pour elle. Crédit photo : Gracieuseté de Marie-Hélène Noël

Une agente de développement

Elle se définit comme une agente de développement sur le terrain. Tant dans sa ferme que dans les montagnes andines, elle s’applique à travailler avec les particularités du territoire pour en tirer le maximum viable tout en assurant la pérennité et la régénération des sols.

« Je pense qu’on peut faire un pont entre ce que je fais dans ma ferme et ce que je réalise au Pérou et en Bolivie. Je vois les 17 ans passés dans mon exploitation comme une démarche de diversification. Saint-Michel-de-Bellechasse est très homogène comme région agricole. J’ai voulu valoriser les plantes du terroir, travailler avec l’écosystème en conservant des zones sauvages, en protégeant les cours d’eau et en misant sur les haies brise-vent. Ce que je fais ici, j’aime le transmettre là-bas où s’ajoutent des problématiques comme l’érosion, la semi-aridité, etc. », explique Marie-Hélène Noël. « Je pars avec l’idée qu’on ne peut pas reproduire le même système et qu’il faut composer avec l’écosystème écologique et humain là-bas », dit-elle.

Recrutée par Les Œuvres internationales du cardinal Léger, Marie-Hélène Noël travaille sur deux projets. En Bolivie, le projet Innovation et mobilisation pour la sécurité alimentaire (IMSA) vise avant tout à acheminer l’eau aux fermes, mais l’expertise de la productrice est davantage mise à profit dans la diversification des cultures. Au Pérou, l’agricultrice est particulièrement dans son élément puisque le projet s’articule autour de la sauvegarde de patrimoine en ce qui a trait aux plantes médicinales. « C’est quelque chose que je connais tellement bien et les gens là-bas sont ouverts à ça, car ils utilisent traditionnellement les plantes médicinales. Leur savoir est à valoriser et à pérenniser », croit fermement l’herboriste.

Marie-Hélène Noël n’en revient pas de sa chance, même si elle doit jongler avec ses nouvelles responsabilités. « Oui, ça m’oblige à avoir une bonne équipe ici, à la consolider et à mettre un peu mes projets de développement sur la glace, mais ça comble mon besoin d’être utile. Le fait d’être productrice moi-même me permet d’avoir une relation d’égal à égal qui favorise beaucoup les échanges. Finalement, je fais un métier très sédentaire auquel je peux enfin allier mon côté nomade, et les projets concordent complètement avec ma vision du développement à long terme », conclut celle qui retrouvera ses amis aymaras cet hiver.