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David Brault, vice-président de l’ingénierie pour l’entreprise Inno-3B, lors de son passage à la NASA. Photo : Gracieuseté d’Inno-3B

David Brault, vice-président de l’ingénierie pour l’entreprise Inno-3B, lors de son passage à la NASA. Photo : Gracieuseté d’Inno-3B

Des technologies québécoises dans la mire de la NASA

Désireuse d’alimenter davantage en plantes à feuillage vert les astronautes de la station spatiale internationale et ceux d’éventuelles missions habitées sur la Lune ou sur Mars, la NASA s’intéresse à la technologie de deux entreprises québécoises.

Inno-3B, de Saint-Pacôme au Bas-Saint-Laurent, et La boîte maraîchère, de Laval, ont été invitées par l’agence gouvernementale américaine à participer à un atelier au Centre spatial Kennedy en Floride, les 6 et 7 août, dans le but de déterminer les paramètres nécessaires pour produire des végétaux dans l’espace en environnement fermé. L’objectif serait de permettre aux astronautes de consommer des aliments frais et complémentaires à la nourriture sèche dont ils disposent maintenant.

Mark Lefsrud. Photo : Gracieuseté de Mark Lefsrud

Mark Lefsrud. Photo : Gracieuseté de Mark Lefsrud

Les deux seules entreprises québécoises parmi la vingtaine présentes à cette rencontre ont été recommandées à la NASA par le professeur Mark Lefsrud, de l’Université McGill à Montréal. Ce dernier a déjà œuvré pour la société américaine Orbitec qui a développé le système hydroponique Veggie actuellement en essai à la station spatiale internationale. « Les astronautes n’ont pas été autorisés à manger la laitue lors de la première récolte jusqu’à ce qu’elle ait été testée et déclarée sécuritaire, raconte M. Lefsrud, en entrevue à La Terre. Puis, ils ont fait pousser des fleurs et maintenant ils peuvent consommer un peu plus de la moitié de ce qui est produit et l’autre partie redescend sur terre pour une évaluation scientifique et de la recherche. »

Le chercheur explique que la NASA envisage de mettre au point un système partiellement ou entièrement automatisé.

Innovations québécoises

Le vice-président de l’ingénierie d’Inno-3B, David Brault, se réjouit de l’accueil réservé à son entreprise par les spécialistes du domaine spatial. « Ils se sont montrés très intéressés », dit-il.

Depuis 2014, la technologie d’Inno-3B permet de cultiver des plantes en environnement fermé avec automatisation. Les végétaux sont produits sur des tablettes à l’intérieur de tours entièrement closes pouvant atteindre 10 m de hauteur. « La lumière, la température, l’humidité et le mouvement de l’air sont maintenus à des conditions optimales sur chacun des plateaux. Un système robotique permet de placer et de retirer les plantes dans la tour », décrit M. Brault. Ce dernier reconnaît toutefois que l’absence de gravité représente un défi majeur à relever pour respecter les paramètres de production dans l’espace.

De son côté, La boîte maraîchère propose un modèle de ferme urbaine en régie hydroponique à l’intérieur de conteneurs, et ce, en optimisant l’emploi de chaque intrant. « On utilise un système de filtration en huit étapes qui nous permet de filtrer sans recourir à des pesticides et sans rejeter de nutriments chimiques », raconte le cofondateur Richard Giunta. L’eau en constante circulation est utilisée à 96 %. Il n’y a donc pratiquement aucun rejet.

Deux des étudiants à la maîtrise supervisés par Mark Lefsrud œuvrent justement avec l’équipe de La boîte maraîchère. « Puisqu’ils travaillent dans un conteneur d’expédition, ils se trouvent dans un espace étroit et contrôlé qui est très similaire à celui de la NASA », conclut le professeur. 

En collaboration avec Myriam Laplante El Haïli