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Photo : Martin Ménard / TCN

Photo : Martin Ménard / TCN

Grandes inquiétudes pour la saison des sucres en Montérégie

Avec des températures qui ont dépassé les 15 °C et la pluie qui a lessivé le couvert de neige, la saison des sucres vient de prendre une tournure négative dans plusieurs secteurs de la Montérégie. « C’est la catastrophe », tranche Mathieu Foisy, propriétaire d’une érablière de 11 000 entailles à Saint-Paul-d’Abbotsford, en Montérégie.

Olivier et Vincent et Perron croient que 2021 ne sera pas une grande saison des sucres en Montérégie; les rendements sont minces, la qualité est ordinaire et les jours sont comptés avant que le goût de bourgeon apparaisse. Crédit : Gracieuseté de Vincent Perron

Olivier et Vincent et Perron croient que 2021 ne sera pas une grande saison des sucres en Montérégie; les rendements sont minces, la qualité est ordinaire et les jours sont comptés avant que le goût de bourgeon apparaisse. Crédit : Gracieuseté de Vincent Perron

Son exploitation atteint les 2,5 livres à l’entaille et les prévisions météo lui laissent croire que la saison achève. « L’autre problème, c’est la qualité; le sirop est foncé cette année. L’eau n’est pas sucrée, le mieux que j’ai eu depuis le début, c’est 1,8 degré Brix », partage-t-il.

Son voisin Vincent Perron croit également qu’il n’atteindra pas sa moyenne de 5 livres à l’entaille. « Ce n’est pas terrible. On a rarement vu ça. Nous avons moins de 2 livres à l’entaille de fait. C’est 30 % de la récolte et les bourgeons des érables commencent à gonfler. La qualité a baissé beaucoup. Le sirop a un goût plus fort, mais pas encore désagréable », exprime celui qui exploite avec son frère Olivier 28 000 entailles sur trois sites, dont un près de Saint-Hyacinthe. Il se croise les doigts pour que mère Nature lui laisse encore quelques jours de coulées avant que le goût de bourgeon s’installe. 

Critique pour les nouveaux

Plus au sud, à Dunham, Alexis Cormier a remarqué le 25 mars que la situation venait de changer chez lui. « Les arbres commencent à rougir. Ce n’est pas bon signe. On voit que les sucres sont avancés. On a 50 % de notre sirop de fait. On va peut-être se rendre à Pâques », espère-t-il, se questionnant toutefois sur la qualité du sirop qu’il pourra produire.

Directeur de comptes pour le marché agricole chez Desjardins, M. Cormier a une pensée pour les gens de la Montérégie qui ont acheté une érablière récemment à gros prix. Une mince saison des sucres posera davantage de problèmes de liquidités. De plus, contrairement à plusieurs érablières établies, les nouvelles entreprises n’ont pas de paiement à recevoir pour le sirop vendu en surplus ces dernières années ni d’historique à l’assurance récolte.