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Alexis Cormier et son père Pierre ont enregistré leur meilleure production de sirop d’érable avec 6,2 lb/entaille. Crédit photo : Gracieuseté.

Alexis Cormier et son père Pierre ont enregistré leur meilleure production de sirop d’érable avec 6,2 lb/entaille. Crédit photo : Gracieuseté.

Une très bonne année de sirop d’érable se termine

Malgré un lent début de saison qui en inquiétait plusieurs, la saison des sucres se solde par de très bons rendements chez une majorité d’acériculteurs. Les quatre producteurs suivis par La Terre affichent une production de sirop plus élevée que leur moyenne habituelle. Dans leur bilan provisoire, les Producteurs et Productrices acéricoles du Québec (PPAQ) confirment eux aussi qu’il s’agit d’une bonne saison de production, sans doute meilleure qu’en 2018.


Crédit photo : Gracieuseté

Crédit photo : Gracieuseté

Première coulée : 24 janvier
Dernière journée d’évaporation : 19 avril
Moyenne à l’entaille : 6,2 lb
Nombre d’entailles : 23 000

Alexis Cormier, 23 000 entailles, Montérégie

L’année 2019 représente la meilleure saison des sucres pour Alexis Cormier, son père Pierre et sa mère Marie-Josée Potvin. Ils ont obtenu 6,2 lb à l’entaille. « On a été en mesure de faire près de 10 000 gallons de sirop », mentionne fièrement Alexis, de Dunham en Montérégie. Ces résultats records ont été réalisés à la suite de la mise en place de plusieurs améliorations en forêt, lesquelles se poursuivront cet été, entre autres par la construction d’une nouvelle station de pompage. « Les autres années, on laissait du sirop dans le bois. C’est ce qu’on corrige », explique Alexis. Ce dernier tient à préciser que les producteurs acéricoles utilisant du mazout, comme lui, ont amélioré énormément leur empreinte carbone, notamment grâce à des concentrateurs et à des évaporateurs plus performants. Il juge que la mauvaise presse associée au mazout en acériculture est exagérée. « Ça vient ternir l’image du sirop, plaide-t-il. On laisse planer un doute chez le consommateur. Mais il n’y a pas de raison d’en avoir, car le sirop est un produit écologique. »


Crédit photo : Martin Ménard / TCN

Crédit photo : Martin Ménard / TCN

Première coulée : 28 mars
Dernière journée d’évaporation : 30 avril
Moyenne à l’entaille : 3,1 lb
Nombre d’entailles : 25 000

Simon Bellegarde, 25 000 entailles, Estrie

« On a fini ça en force, avec de très, très grosses coulées », résume avec le sourire Simon Bellegarde, établi à Audet, près de Lac-Mégantic. Sa conjointe Annie Grenier et lui ont produit 176 barils, avec une moyenne de 3,1 lb à l’entaille, soit au-delà de leur objectif de 2,5 lb. À leur deuxième année d’exploitation, le couple se dit très satisfait. « On aurait même pu faire plus de sirop, mais on a été arrêtés par une longue panne d’électricité et on a dû jeter de l’eau contaminée », admet l’homme de 36 ans. L’an prochain, les conjoints envisagent d’engager un employé afin de réparer plus rapidement les fuites. Fait intéressant, les différents articles publiés dans La Terre leur ont valu des appels de jeunes qui désirent se lancer comme eux en acériculture. 


Jo-Anne Bocage. Crédit photo : Mario Bélisle

Jo-Anne Bocage. Crédit photo : Mario Bélisle

Première coulée : 28 mars
Dernière journée d’évaporation : prévue le 5 mai
Moyenne à l’entaille : environ 4,25 lb
Nombre d’entailles : 27 000

Jo-Anne Beaucage, 27 000 entailles, Outaouais

« C’est vraiment le fun! On est fatigués, mais c’est une fatigue heureuse. La nature est généreuse cette année et le sirop est bon », dit au bout du fil Jo-Anne Bocage, qui a été continuellement aux commandes de son évaporateur depuis les 24 derniers jours. Cette acéricultrice établie près de Mont-Laurier avait rempli 230 barils de sirop en date du 2 mai, son record des 15 dernières années. Mme Bocage et son conjoint Mario Bélisle espèrent atteindre 4,25 lb à l’entaille. « L’an passé, c’était notre pire. Cette année, c’est notre meilleure. On a même manqué de barils », souligne-t-elle. Son conjoint rappelle que le désentaillage risque d’être plus complexe, par contre. « Il y avait tellement de neige que nous avons entaillé pratiquement à 10 pieds de hauteur », affirme Mario Bélisle.


Crédit photo : Gracieuseté

Crédit photo : Gracieuseté

Première coulée : autour du 21 mars
Dernière journée d’évaporation : prévue le 5 mai
Moyenne à l’entaille : environ 4,5 lb
Nombre d’entailles : 70 000

Marco Gilbert, 70 000 entailles, Bas-St-Laurent

Au Bas-Saint-Laurent, Marco Gilbert remercie dame Nature d’avoir appuyé sur l’accélérateur afin de remplir les barils en fin de saison. « On s’est rattrapés pas mal. On est rendus à 4,5 lb l’entaille. C’est excellent. On va peut-être même se rendre à 5 lb », lance-t-il avec soulagement. En début de saison, les coulées anémiques l’inquiétaient, lui qui ne voulait pas dégager de faibles rendements comme l’an dernier. Au moment de l’entrevue, le 2 mai, les érables lui livraient de grands volumes d’eau. « Le concentrateur fonctionne 15 heures par jour ces temps-ci et traite 90 000 gallons d’eau, car elle est moins sucrée », mentionne celui qui produisait encore entre 35 et 40 barils de sirop par jour au moment de l’appel.