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Simon Bellegarde et Annie Grenier. Crédit photo : Martin Ménard

Simon Bellegarde et Annie Grenier. Crédit photo : Martin Ménard

Ça coule « full pin » dans les régions plus froides

La Terre continue d’effectuer le suivi de la saison des sucres chez quatre acériculteurs établis dans différentes régions du Québec. Fait particulier cette fois, les régions les plus froides commencent à donner de bons rendements.

« Ça fait 11 heures que le séparateur fonctionne sans arrêt! C’est un scénario de rêve! On va faire une vingtaine de barils », a mentionné avec enthousiasme Simon Bellegarde, établi près du lac Mégantic, en Estrie. « Depuis 9 h, ça coule full pin. C’est la plus grosse coulée qu’on a connue. On n’a pas fini de bouillir. Et l’eau est sucrée à 2,4 °Brix », a précisé sa conjointe Annie Grenier. En date du 17 avril, la neige qui tapissait leurs 25 000 entailles et les prévisions météorologiques favorables des prochains jours laissaient croire aux deux propriétaires qu’ils atteindraient leur objectif de 2,5 lb de sirop à l’entaille. À ce moment-là, ils étaient à 1,3 lb/entaille. Rien n’est parfait : le couple a gaspillé un volume significatif de sève. « J’ai gardé un peu d’eau dans un bassin quelques jours en pensant qu’elle se conserverait avec le froid. Quand j’ai commencé à la faire bouillir, on s’est mis à sortir du sirop filant [un sirop qui s’étire sous forme de fil en raison d’une mauvaise qualité d’eau d’érable]. Le problème, c’est qu’avant que je m’en rende compte, j’avais contaminé toute l’eau qui venait d’entrer. Il a fallu jeter tout notre concentré. C’est une erreur », a humblement avoué M. Bellegarde.

Jo-Anne Bocage et Mario Bélisle. Crédit photo : Gracieuseté

Jo-Anne Bocage et Mario Bélisle. Crédit photo : Gracieuseté

Près de Mont-Laurier, Jo-Anne Bocage et son conjoint Mario Bélisle étaient débordés au moment de notre appel, le 17 avril. « Aujourd’hui, c’est LA journée : on va probablement bouillir jusqu’à minuit. Et l’eau est très sucrée à 3 °Brix », a décrit Mario Bélisle, tout heureux. On se rappellera que le couple commençait à taper du pied récemment, alors qu’il n’avait pratiquement aucun baril de sirop produit. « Ici, c’est encore l’hiver. Il y a de la neige en masse et ça gèle la nuit. Aujourd’hui, on va faire une vingtaine de barils. Ça augmente notre moyenne. Mais c’est vraiment un printemps tardif cette année. On est rendus à 68 barils, alors qu’on en avait 167 à pareille date en 2017 », a fait remarquer le copropriétaire de l’érablière de 27 000 entailles. En date du 17 avril, les deux acériculteurs avaient produit 1,15 lb de sirop à l’entaille. « Maintenant que c’est parti, on s’attend à faire 12 à 15 barils par jour pendant une dizaine de jours. Il le faut! » a exprimé M. Bélisle, qui atteindrait ainsi son rendement d’une saison normale, soit environ 3 lb/entaille.

Crédit photo : Gracieuseté

Crédit photo : Gracieuseté

Au Bas-Saint-Laurent, Marco Gilbert a repris espoir d’atteindre son objectif de 4 lb/entaille. « C’est en train de se replacer. Depuis deux jours, on a de bonnes coulées. On fait 35 barils par jour. Disons que ça fait moins peur qu’il y a une semaine », a commenté l’acériculteur qui vient de prendre la relève de l’érablière de son père. En date du 17 avril, sa production s’élevait à 2 lb/entaille. De plus, il a remarqué lui aussi que l’eau provenant des arbres était très sucrée. « Nous en avons mesuré à 3,2 °Brix. C’est du rarement vu », a indiqué Marco Gilbert, copropriétaire de 70 000 entailles.

Alexis Cormier et son père. Crédit photo : Gracieuseté

Alexis Cormier et son père. Crédit photo : Gracieuseté

« C’est notre meilleure année. On a défoncé la barre psychologique des 6 lb/entaille, ce qui représente près de 290 barils. Et la qualité de sirop est superbe. On est vraiment contents », a témoigné Alexis Cormier, de Dunham. Concernant les 1 029 gallons de sirop produits en 22 heures au début avril, « c’était spécial, car le sirop était super facile à filtrer. On a fait les 1 029 gallons sans changer les papiers de la presse. Par contre, dans l’évaporateur, il se formait beaucoup de pierre à sucre au fond des casseroles. On a dû changer trois fois celles à fond plat. L’eau était très sucrée, c’est peut-être pour ça », a-t-il observé. Le 18 avril, l’acériculteur prévoyait encore quelques journées de coulée. « Il n’en reste plus pour longtemps. On devrait cabaner dans trois jours, soit laver l’évaporateur et tout l’équipement pour la dernière fois », a expliqué M. Cormier, propriétaire avec son père d’une érablière de 23 000 entailles en Montérégie.