Les membres de l’équipe organisatrice du SIMAQ : Claudie St-Jean, Guylaine Poliquin, François Comeau, Mireille Dionne et Jonathan Raîche. Photos : Eugénie Émond
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S'abonner maintenantQUÉBEC – Malgré l’absence des grandes marques de tracteurs et l’ombre d’une guerre commerciale avec les États-Unis, l’ambiance était à la fête au Centre de foires de Québec, du 30 janvier au 1er février, lors du Salon industrie et machinerie agricole de Québec (SIMAQ).
« Je veux embarquer dans le tracteur! » lance une fillette à son papa. Comme chaque année, grimper dans les tracteurs, moissonneuses et excavatrices en démonstration demeure le clou de l’événement pour les plus jeunes.
Rosalie et Alice Dufour, 14 et 18 ans, y viennent depuis qu’elles sont bébés pour accompagner leur père, un agriculteur à La Malbaie. « On vient toujours voir les nouveautés, mais c’est sûr qu’il y a moins de tracteurs qu’avant. On ne voit pas nos marques familières comme John Deere ou New Holland ou CaseH », souligne Rosalie. Une observation partagée par d’autres visiteurs. « C’est un peu décevant, mais il y a tellement toutes sortes de choses quand même », nuance André Gauthier, 85 ans.

Les grandes marques de tracteurs sont habituellement présentes au SIMAQ une année sur deux. Elles devaient donc y être en 2025, mais une telle présence intermittente complique la logistique d’allocation des kiosques. Le président du SIMAQ, François Comeau, explique que « leur place habituelle a été prise par d’autres entrepreneurs qui étaient sur la liste d’attente » et que sa proposition de regrouper les grandes marques dans un autre pavillon n’est pas parvenue à les satisfaire. « Elles voulaient revenir à la même place », précise-t-il.
« Un salon, c’est fait pour découvrir des nouveautés », avance Jean-François Bédard, fondateur de l’entreprise Better-Canada, qui a plusieurs porte-outils en démonstration depuis quatre ans. Des machines fabriquées en Italie, dans la région de Bologne, adaptées aux hivers québécois et auxquelles on peut attacher des outils fabriqués ici, comme une souffleuse.
Ce n’est pas un gros gabarit. On a juste 10 000 livres de capacité alors on ne peut pas prétendre tirer de lourdes charges, mais pour faire du travail à forfait dans des endroits restreints, des boxes, ou du déneigement pour des municipalités, c’est l’idéal.
L’entreprise Équipements 3V, qui se spécialise dans l’optimisation du potentiel laitier des veaux, a aussi dû attendre deux ans avant de pouvoir obtenir un kiosque au SIMAQ. Une attente qui en valait la peine, car bien que peu de ventes se produisent durant la fin de semaine, c’est l’occasion pour les agriculteurs de magasiner et d’évaluer les possibilités pour leurs prochains investissements. « C’est 80 % de notre chiffre d’affaires qui provient de notre clientèle actuelle », note Patrice Proulx, directeur des ventes pour l’Est du Canada.
Et les tarifs?
Pour plusieurs entreprises présentes au salon, la guerre de tarifs qui se profilait avec les États-Unis n’augurait rien de bon pour les affaires. « Même si nos produits ne sont pas américains, notre dollar canadien perd de la force », note Jean-François Bédard, dont la machinerie provient d’Europe. Ce dernier espère une baisse de la valeur de l’euro pour rééquilibrer le tout.

Un avis que partage l’entrepreneur Nicolas Bégin, fondateur de Services JML, en Beauce, un concessionnaire d’excavatrices dépositaires des marques Weycor et Kobelco, respectivement allemande et japonaise. « On a une crainte parce que sur une machine de 500 000 $, on parle de plusieurs 20 000 $ qu’on va perdre parce que notre dollar perd des points. Ça fait toute une différence », redoute-t-il.
La guerre tarifaire pourrait ralentir la PME qui a pris un bel élan depuis dix ans.
Au départ, on était seulement une entreprise de réparation sur la route. C’est ce qui a fait notre renommée et c’est ce qui a fait grandir notre entreprise et nous a permis d’acheter et de vendre des machines.
Malgré l’incertitude économique, cette édition du SIMAQ a su attirer des visiteurs de toutes les générations. Peu importe l’âge, l’intérêt et la curiosité pour la machinerie demeure la même. Comme pour ces trois retraités qui ont choisi d’y passer la matinée. « On a tous été élevés dans des rangs de campagne, sur une ferme à Saint-François-de-Montmagny. Ça nous intéresse de voir ça et puis j’ai encore deux tracteurs pour entretenir la route de 2 km pour me rendre au chalet », note fièrement l’un d’entre eux.