Ce projet d’usine de biométhanisation, Christian Grenier, copropriétaire de la Ferme du Grenier Gardangeois, en rêve depuis des années. Il en avait fait un projet d’études à la fin de son baccalauréat en agroéconomie. Photos : Marie-France Létourneau
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S'abonner maintenantLe projet d’usine de biométhanisation piloté par GPK Bioénergie, qui réunit la Ferme du Grenier Gardangeois, Prorec et Keridis BioÉnergie, passe du rêve à la réalité. Le coup d’envoi des travaux, qui totalisent 40 M$, a été donné le 19 août.
Énergir a, du coup, confirmé une entente d’achat et de vente de gaz naturel renouvelable (GNR), qui sera produit aux installations de la ferme, à Ange-Gardien, en Montérégie. Deuxième usine de biométhanisation agricole dans la province, l’usine de GPK Bioénergie sera la plus grosse du genre.
Ce projet d’usine de biométhanisation, Christian Grenier, copropriétaire de la Ferme du Grenier Gardangeois, en rêve depuis des années. Il en avait fait un projet d’études à la fin de son baccalauréat en agroéconomie. La mise en service de l’usine, qui a obtenu une subvention de 15 M$ de Québec, est prévue à la fin 2026. La première injection dans le réseau d’Énergir est attendue au printemps 2027.
Une entente de 20 ans avec Énergir a permis le lancement du chantier.
On souhaite que d’autres agriculteurs puissent faire un copier-coller de cette entente pour des projets de ce genre.
La cohabitation de la vie agricole et de l’usine est une des particularités du projet, souligne Stéphanie Taylor, directrice générale de la ferme. « Ce projet boucle la boucle de tout ce qu’on produit », dit-elle.
L’usine valorisera 100 000 tonnes de matières organiques qui proviendront du Grenier Gardangeois, producteur de porcs et de poulets, et d’une demi-douzaine d’autres agriculteurs des environs.

Le cœur de l’usine de biométhanisation sera notamment composé de deux digesteurs et d’un maturateur. Un premier digesteur, qui atteindra une hauteur de neuf mètres (30 pieds), est en construction. Afin d’en extraire le maximum de gaz, les matières organiques séjourneront environ 30 jours dans le digesteur et 20 jours dans le maturateur, explique Christian Grenier. Un « bâtiment d’incorporation », qui reliera les équipements, complétera ces installations. Le bioréacteur, utilisé à la ferme pour séparer la matière solide et liquide du lisier de porc, sera démantelé pour permettre l’installation des nouveaux équipements.

Trois silos horizontaux ont été aménagés pour entreposer les fumiers solides et les autres extrants agricoles à valoriser par le biais de la biométhanisation. S’il n’en tient qu’à Renault Lortie d’Énergir, ce type de projet se multipliera. En 2030, la part de GNR dans le réseau devra atteindre 10 % ou 600 millions de mètres cubes. À titre indicatif, l’usine d’Ange-Gardien produira 3,2 millions de mètres cubes. « Le modèle agricole est celui qui a le plus de potentiel », dit M. Lortie.

Le site est prêt à accueillir le deuxième digesteur de l’usine. Les démarches pour en arriver là n’ont toutefois pas été simples. Dans un monde idéal, estime Simon Naylor, de Keridis BioÉnergie, les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement devraient soutenir davantage ce type de projet, avantageux pour l’environnement. « On fait de l’agriculture du 21e siècle », dit-il.