Environnement 15 mai 2026

Un semoir à bandes fleuries fourni aux maraîchers par la MRC 

SHERRINGTON – Dans la cour arrière des Fermes Leclair, à Sherrington, Gabriel Leclair s’affairait, le 8 mai, à monter un semoir qu’il venait de recevoir pour la mise en terre de bandes fleuries, près de ses cultures d’oignons verts. C’est la première fois qu’il mécanise cette tâche, grâce à l’équipement fourni par la MRC des Jardins-de-Napierville.

« On a demandé [aux gens de la MRC] un peu en joke qu’ils nous achètent un semoir pour inciter les producteurs à faire plus de bandes fleuries, plus de biodiversité dans la région, et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd », raconte le producteur, dont la ferme cultive 365 hectares de légumes et de fines herbes, dans les terres noires de la Montérégie.

Gabriel Leclair a été le premier à se servir de l’équipement d’une valeur de 11 000 $ pour semer ses quatre planches de bandes fleuries de 400 mètres de long, le 11 mai, avant que sept autres fermes, qui avaient réservé une plage horaire, fassent de même. Étant donné qu’une seule journée dans l’année suffit pour réaliser les travaux, l’achat d’un semoir expressément conçu pour la mise en terre de bandes fleuries n’est pas rentable pour un producteur, estime M. Leclair. La possibilité de recourir à un tel équipement gratuitement, en revanche, est appréciée, surtout que la mécanisation de la tâche a finalement été concluante au champ. Plutôt que de semer ses fleurs à la main, avec l’aide d’employés, comme les années passées, l’agriculteur a été capable de le faire seul, sur une plus grande superficie et en moins de temps. D’autres maraîchers, qui ne s’étaient jamais dotés de tels aménagements végétaux auparavant, ont eu envie d’essayer eux aussi.  

La MRC fait de la production maraîchère une priorité

L’achat d’un semoir pour les maraîchers du territoire est l’une des quelques initiatives déployées par la MRC des Jardins-de-Napierville, cette saison, dans le cadre de son projet Agrobonsens, qui vise à favoriser la biodiversité, la santé des sols et la saine gestion de l’eau à la ferme, avec l’aide d’une subvention de 1 M$ obtenue du ministère des Affaires municipales. En collaboration avec des producteurs, des agronomes et des chercheurs, l’argent servira, par exemple, à tester l’efficacité des cultures de couverture sur paillis de seigle pour enrichir le sol et le rendre plus résilient dans les champs de betteraves, de haricots frais, de maïs sucré, d’oignons verts et d’oignons secs.

« Les MRC peuvent recevoir cette subvention pour se positionner en matière de tourisme, de culture. Nous, on a décidé que notre priorité, c’était d’avoir une agriculture durable. On produit 50 % des légumes frais du Québec et on en est fiers; on veut soutenir nos agriculteurs », a indiqué Isabelle Adam, qui est chargée de projet pour le centre d’innovation de la MRC.

L’aménagement de bandes fleuries, ajoute-t-elle, favorise la biodiversité et embellit le paysage, d’une part, mais serait aussi d’une grande aide pour la lutte contre les ravageurs, selon ce que suggèrent des essais réalisés en Belgique. Une théorie selon laquelle ces aménagements attirent des prédateurs efficaces pour tuer le thrips de l’oignon, en remplacement d’insecticide, sera d’ailleurs étudiée à la ferme, cet été, dans le cadre d’un projet parallèle à celui de la MRC, déployé par le Consortium PRISME, qui est le centre d’expertise en production maraîchère de Sherrington.