Des analyses scientifiques à Polytechnique mènent à la conclusion que les élevages de bovins produisent 10 fois plus de gaz à effet de serre que les élevages de poulets et trois fois plus que ceux de porcs. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantL’établissement universitaire Polytechnique Montréal a annoncé, sur les réseaux sociaux et par voie de communiqué, avoir retiré le bœuf de ses menus, présentant son initiative comme étant « vachement mieux pour la planète », science à l’appui. Une affirmation qui a fait sourciller le milieu agricole.
« Je suis déçu », a réagi le président des Producteurs de bovins du Québec, Sébastien Vachon, en entrevue téléphonique.
Après tous les efforts qui ont été mis dans la production bovine au Québec, par les producteurs, pour être encore plus consciencieux des bonnes pratiques, se faire dire qu’on est des gens qui polluent, c’est sûr que ce n’est jamais agréable.
Les producteurs agricoles ont été nombreux à manifester leur indignation sur les réseaux sociaux, le 28 janvier, percevant que le bannissement du bœuf, sous prétexte de vouloir réduire les émissions de gaz à effet de serre, relève du raccourci idéologique. Plusieurs se sont dits déçus qu’une telle décision émane d’une grande institution comme Polytechnique Montréal.
Des données scientifiques à l’appui
En entrevue, le directeur du Bureau du développement durable et sociétal de Polytechnique Montréal, Patrick Cigana, a répondu que l’initiative est appuyée par des données scientifiques en matière de changements climatiques issues de son centre de recherche, le Centre international de référence sur l’analyse du cycle de vie et la transition durable. Des analyses et des calculs mènent à la conclusion que les bovins, qui émettent naturellement du méthane pendant leur digestion, produisent 10 fois plus de gaz à effet de serre que les poulets et trois fois plus que les porcs.
« En matière de changements climatiques, on détient une expertise à Polytechnique. […] Ce n’est pas un truc idéologique. […] La science pointe vraiment vers le bœuf comme étant le plus gros problème comparativement aux autres options [de protéine animale] », a affirmé Patrick Cigana.
« C’était une initiative pour répondre aussi aux besoins de notre communauté, qui est très sensibilisée aux changements climatiques, surtout des étudiants et étudiantes en génie. Cette génération-là, dans la mesure où on peut généraliser, est très préoccupée par la santé de la planète, par le climat. »
Remplacé par du poulet et du porc
Patrick Cigana a précisé que l’initiative n’a pas de visée végane, la viande rouge étant notamment remplacée à la cafétéria par du poulet et du porc, depuis l’automne. Par exemple, les burgers de bœuf ont cédé leur place à des burgers de poulet grillé, tandis que la poutine au smoked meat est devenue une poutine au bacon.
« Le fait de faire ce changement-là, ça diversifie nos menus et ça va augmenter le nombre de producteurs avec qui on fait affaire, a-t-il fait valoir. Ceux qui produisent d’autres produits alimentaires qu’on va offrir, alors qu’on n’a plus le bœuf, forcément, [seront] gagnants ».