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Les biocarburants : atouts vitaux pour le Québec et les régions

Le développement économique du Québec des 20 prochaines années passe aussi par les régions et plus particulièrement par l’agriculture.

La production de biocarburants, grâce à la remise en culture de quelque 300 000 hectares actuellement en friche situés surtout en régions éloignées, contribuerait fortement à réduire la dépendance énergétique du Québec au pétrole. Cette dépendance coûte 17 G$ par an au Québec et gruge ses gains de productivité. « Imaginez l’impact sur l’économie du Québec et sur la revitalisation des campagnes si on réussissait à éliminer seulement 2 G$ de cette facture », a déclaré Robert Laplante, directeur général de l’IREC, aux participants à l’assemblée générale annuelle du Syndicat des producteurs d’œufs d’incubation du Québec, le 4 avril dernier, à Drummondville. « Et tout ça sans diminuer d’un seul hectare les autres cultures en production sur le reste du territoire du Québec », a-t-il ajouté.

« L’Abitibi-Témiscamingue constitue la plus grande réserve de terres arables au Québec, avec un haut pourcentage en friche, propices à la culture de plantes énergétiques comme le roseau alpiste, a illustré M. Laplante. C’est le cas le plus patent d’un laisser-faire et d’une absence de vision. » Le roseau alpiste ou l’une des 16 plantes annuelles à fort rendement énergétique conviendraient sûrement aux autres régions éloignées. « Au plan économique, l’absence de production sur ces terres constitue un énorme gaspillage », a-t-il dit.

Le conférencier a pris le contrepied de l’opinion néolibérale et négativiste voulant que les régions éloignées devraient abandonner leur agriculture, faute d’avantages comparatifs par rapport à des pays comme le Brésil. « L’agriculture du Québec regorge d’un énorme potentiel qui n’est pas canalisé autour d’une grande vision rassembleuse. D’où l’importance d’une politique agricole qui mise sur les forces de l’agriculture du Québec », a-t-il fait valoir. Mais encore faut-il les voir…

Selon M. Laplante, le Québec fonctionne à l’envers en subventionnant les usines pour fabriquer des biocarburants au lieu de soutenir la production. La Politique agricole commune (PAC) a décidé de verser 52 $/ha aux producteurs agricoles qui convertissent leurs sols à l’agroénergie, a-t-il noté.