Stéphane Lemoine, président-directeur général de Prorec, Christian Grenier, président de la Ferme du Grenier Gardangeois et de GPK Bioénergie, Stéphanie Taylor, directrice générale de la Ferme du Grenier Gardangeois, et Simon Naylor, président de Kéridis Bioénergie. Photo : Gracieuseté de GPK Bioénergie
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S'abonner maintenantLes lisiers et fumiers issus des élevages porcins et avicoles de la Ferme du Grenier Gardangeois, à Ange-Gardien, en Montérégie, et de quelques fermes laitières environnantes seront bientôt transformés en gaz naturel.
Le Grenier Gardangeois et ses partenaires, soit Kéridis Bioénergie, un spécialiste de la biométhanisation, et Prorec, qui se spécialise dans la récupération de rejets agroalimentaires, viennent d’obtenir une subvention de 15 M$ de Québec pour construire une usine de biométhanisation agricole, qui sera la plus grosse du genre dans la province. Les coûts totaux du projet sont évalués à quelque 36,3 M$.
L’usine permettra de gérer 100 000 tonnes d’intrants (75 % de lisier et de fumier et 25 % de matières organiques) pour produire au moins 3 millions de mètres cubes de gaz naturel renouvelable par année. Dans une prochaine étape, les trois partenaires, qui ont formé un consortium nommé GPK Bioénergie, évalueront comment ils peuvent aussi revaloriser les « digestats », soit les résidus issus de leur activité de transformation de gaz naturel, qui sont principalement constitués de CO2 et de vapeur d’eau.
Le projet a le potentiel de réduire l’empreinte environnementale de 10 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année, évalue GPK Bioénergie, qui financera ses activités par la revente de sa production de gaz naturel au réseau d’Énergir. La construction de l’usine devrait être lancée ce printemps pour une ouverture prévue à la fin de 2026.
La subvention de 15 M$ a été accordée dans le cadre du Programme de soutien à la production de gaz naturel renouvelable du Fonds d’électrification et de changements climatiques du gouvernement du Québec. La Ferme du Grenier Gardangeois avait préalablement obtenu, en février 2022, une aide gouvernementale de 300 000 $ pour réaliser une étude sur la faisabilité de ce projet.

Une suite logique au bioréacteur
Stéphanie Taylor, directrice générale du Grenier Gardangeois, précise que l’entreprise agricole utilisait déjà, depuis 20 ans, un bioréacteur pour séparer la matière solide et liquide du lisier de porc afin de le transformer en engrais à « haute valeur agronomique ». Or, pour croître davantage, la ferme se retrouvait devant un choix : soit acheter de nouvelles terres pour épandre les lisiers et fumiers en fonction du nombre croissant d’unités animales ou pousser son concept de bioréacteur encore plus loin en se lançant dans ce que Mme Taylor qualifie de « projet fou », qui consiste à ne plus seulement traiter le lisier, mais à le transformer en gaz renouvelable.
On produit déjà du méthane avec nos lisiers et nos fumiers, donc l’idée, c’est juste d’aller le capter. Même si ça représente de gros investissements et un défi, on a choisi d’aller de l’avant parce que ça correspond à nos valeurs.
Le copropriétaire Christian Grenier renchérit : « Il faut aussi que les agriculteurs embarquent dans la transition énergétique, pour que tout le monde ensemble, on se relève les manches et qu’on devienne autonomes avec notre énergie pour chauffer, par exemple, nos poulaillers ou nos séchoirs à grains. »
Leur ferme s’est associée à l’entreprise Kéridis, qui a développé une expertise en biométhanisation du côté européen, avec 80 usines. La technologie qui sera utilisée dans la future usine d’Ange-Gardien est différente de celle de l’usine de biométhanisation de Warwick, spécifie Stéphanie Taylor. « Car ça nous prenait un procédé pour traiter du lisier de porc, qui est liquide, contrairement au fumier de bovin », justifie-t-elle.
