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Actuellement, les biosolides ne sont utilisés que sur 3 % des terres agricoles du Québec, rapporte l’Union des producteurs agricoles. Photo : Archives/TCN

Actuellement, les biosolides ne sont utilisés que sur 3 % des terres agricoles du Québec, rapporte l’Union des producteurs agricoles. Photo : Archives/TCN

La suspension de l’épandage de biosolides recommandée

L’Ordre des chimistes du Québec (OCQ), l’Ordre des agronomes du Québec (OAQ) et l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) recommandent à la population et aux entreprises de cesser d’utiliser des biosolides municipaux et industriels en provenance des États-Unis ou le compost auquel ces biosolides sont ajoutés.

Les trois ordres professionnels ont réagi conjointement à un reportage de Radio-Canada révélant que les boues résultant de l’épuration des eaux usées municipales et industrielles en provenance de l’État du Maine étaient utilisées au Québec comme fertilisants sur des terres agricoles. Ces matières contiendraient divers contaminants préoccupants pour l’environnement, comme les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) qui sont entre autres utilisées dans la fabrication de produits textiles, d’emballages alimentaires ou de cosmétiques pour leurs propriétés antiadhésives et imperméabilisantes.

« Les PFAS et autres contaminants d’intérêt émergent sont très persistants dans l’environnement, bioaccumulables, et leurs impacts dommageables sur la santé sont bien documentés », déclare le président de l’OCQ, Michel Alsayegh, dans un communiqué, le 8 décembre. Martine Giguère, présidente de l’OAQ, et Gaston Rioux, président de l’OMVQ, ont uni leur voix à celle de M. Alsayegh pour presser le gouvernement d’interdire l’importation de biosolides américains et d’agir afin d’assurer aux professionnels et à la population un cadre clair et sécuritaire concernant les contaminants d’intérêt émergent comme les PFAS.

Avant le printemps

Le président de l’Union des producteurs agricoles du Québec, Martin Caron, estime également qu’il y a urgence d’agir, car les producteurs agricoles sont déjà en voie de signer des contrats pour la fertilisation de leurs champs au printemps prochain. « On demande une plus grande transparence. Ça n’a pas de bon sens!  Nos terres, c’est notre premier outil de travail. C’est le patrimoine agricole du Québec qui est menacé », a-t-il réagi dans une entrevue accordée à La Terre. Selon lui, les études qui ont été faites par le ministère de l’Environnement et l’Institut national de la santé publique du Québec en 2016 sur l’utilisation des boues d’épuration industrielle et municipale en agriculture devront être poussées plus loin pour cibler les nouveaux contaminants qui peuvent s’y trouver et établir un protocole d’analyse sûr. « Les producteurs ont utilisé ces matières de bonne foi. Mais si ça contamine leurs terres, il faut corriger le tir rapidement. Nous, on se fie à nos conseillers, mais ultimement, on pensait que le cadre réglementaire du ministère de l’Environnement était fiable », affirme-t-il. Entre temps, il recommande aux producteurs d’être extrêmement prudents en s’assurant de poser des questions.

Le ministère de l’Environnement, Benoit Charrette, s’est de son côté engagé à resserrer la réglementation sur l’épandage des biosolides dans les champs, rapportait Radio-Canada le 2 décembre.

Déjà proscrit pour certaines cultures

Le ministère de l’Environnement, dans ses normes réglementaires encadrant le recyclage des matières résiduelles fertilisantes (MRF), qui comprennent les boues industrielles et municipales, interdit l’utilisation de ces biosolides dans le secteur maraîcher ou pour la culture du blé, de l’orge ou de l’avoine destinés à l’alimentation humaine.