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Malgré des investissements importants en agroenvironnement depuis plusieurs années, aucune compilation à jour de tout ce qui a été accompli n’est disponible.

Malgré des investissements importants en agroenvironnement depuis plusieurs années, aucune compilation à jour de tout ce qui a été accompli n’est disponible.

Environnement : Pas de portrait global de la situation

Tous les observateurs consultés par La Terre, dont la ministre de l’Environnement, reconnaissent que les agriculteurs ont fait plusieurs avancées en agroenvironnement.

Par contre, aucune des sources consultées par La Terre n’a été en mesure de fournir des données complètes autres que le dernier Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec, qui date de 2007. Une lacune qu’il conviendrait de corriger, selon la présidente de l’Association des conseillers en agroenvironnement du Québec, Julie Boisvert. « Si on avait un portrait de la situation, ça nous aiderait à planifier pour l’avenir », a-t-elle souligné.

Des pratiques adoptées

Quelque 10 000 fermes (sur près de 29 000 au Québec) qui bénéficient du Programme services-conseils ont reçu 6,4 M$ en 2016-2017 pour des mesures agroenvironnementales. Un sondage parmi celles-ci montre, par exemple, qu’en 2016-2017, 56 % incorporaient au sol le lisier épandu et 74 % effectuaient un dépistage pour les mauvaises herbes en culture annuelle.

Selon Ghislain Pion, coprésident du Pôle d’expertise en services-conseils agricoles, environ 40 % des producteurs dans un club-conseil disposent d’un plan de gestion intégrée des ennemis des cultures qui prévoit notamment des solutions de rechange aux pesticides quand c’est possible.

On sait aussi que des dizaines de sous-bassins versants ont fait l’objet de travaux d’aménagement et de changement de pratiques, mais aucun décompte ou suivi de tous les projets n’a été fait. 

Gestion des pesticides

En matière de réduction des pesticides, la gestion intégrée des ennemis des cultures a fait ses preuves. Que ce soit les mouches stériles, les trichogrammes ou les capteurs de spores, plusieurs techniques représentent une solution de rechange efficace. La rotation des cultures, le choix de cultivars adaptés, les diverses méthodes de dépistage et de piégeage des ravageurs sont autant de mesures qui permettent aussi de diminuer l’usage des pesticides. 

Malgré l’avancée des connaissances, il reste encore beaucoup à faire. Alors que la Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture 2011-2021 se fixait l’objectif de réduire de 25 % les risques pour la santé et l’environnement liés à l’utilisation des pesticides en milieu agricole au Québec, les plus récentes données indiquent qu’en 2015, l’indice de risque pour l’environnement et la santé étaient plus élevés de 5 % et 3 % respectivement que pendant la période de référence 2006-2008. C’est l’indice de risque des fongicides qui a le plus augmenté au cours des dernières années.