Le ministère de l’Environnement souhaite mieux encadrer les rejets dans les réseaux d’égouts et aider les municipalités à identifier les sources de contaminants prioritaires, comme les perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées. Photo : Shutterstock
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S'abonner maintenantDepuis le 1er novembre, les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (SPFA) présentes dans les matières résiduelles fertilisantes (MRF) destinées aux marchés agricoles et sylvicoles doivent respecter de nouveaux seuils de concentration.
« Concrètement, certaines MRF présentant des concentrations trop élevées de SPFA n’auront plus accès au marché agricole et devront être orientées vers d’autres filières de traitement et de valorisation », précise Robert Maranda, chef d’équipe des relations médias pour le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). Ce dernier précise que le Code de gestion des MRF du MELCCFP introduit, « pour la première fois au Québec », des paramètres concernant ces substances émergentes, aussi appelées contaminants éternels.
La liste des 37 substances nouvellement surveillées a été établie selon deux critères : celui d’être présentes dans plus de 40 % des échantillons ou en concentration élevée; et celui de pouvoir être détectées et analysées par la méthode retenue du laboratoire. Les seuils de concentration, qui sont « préventifs », « ont été conçus pour limiter l’accumulation de SPFA dans les sols et leur transfert vers les milieux aquatiques lors des épandages récurrents de MRF, en agriculture et en sylviculture », précise M. Maranda. Avec ce resserrement des normes, le Ministère souhaite ainsi mieux identifier les sources des contaminants pour intervenir en amont et améliorer la qualité des MRF. L’objectif est de rediriger préventivement certaines MRF vers d’autres usages lorsque la qualité environnementale ne convient pas à une valorisation répétée comme fertilisant, notamment pour le marché agricole.
Des effets encore mal connus
Cette liste est encore sujette à modification, mentionne par ailleurs le Ministère, au fur et à mesure que les connaissances et les méthodes d’analyse se développent et se raffinent autour de ces substances émergentes, dont les effets à court et long termes sont encore mal connus. Une situation qui soulève plusieurs préoccupations, notamment chez les producteurs agricoles qui ont recours aux biosolides municipaux et aux boues de papetière pour la fertilisation de leurs champs.
Rappelons que ces produits permettent une fertilisation à faible coût pour nombre d’entre eux, entre autres dans certains secteurs où les engrais animaux sont moins accessibles. Pour les municipalités, la revalorisation des boues municipales et autres résidus compte aussi de nombreux avantages, dont la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la prolongation de la durée de vie des lieux d’enfouissement technique.
Les agronomes en mode réajustement
Au moment de mettre le journal sous presse, le 6 novembre, l’Ordre des agronomes du Québec (OAQ) n’a pas été en mesure de préciser comment ce nouveau code de gestion des MFR modifiait les pratiques agronomiques sur le terrain. L’organisation a toutefois indiqué qu’elle travaillait présentement à la mise à jour de sa grille de référence concernant la valorisation des MRF pour l’arrimer au code gouvernemental. « Cette nouvelle version remplacera la précédente, publiée en 2017, et viendra mieux outiller les agronomes pour intégrer les nouvelles exigences dans leurs pratiques professionnelles », a fait savoir Naömie Goyette, directrice des affaires publiques pour l’OAQ. Mme Goyette a par ailleurs souligné que les agronomes avaient déjà accès à des formations sur le sujet.