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Agriculteurs courtisés par le lobby gazier et pétrolier

Le lobby gazier et pétrolier continue de mener campagne auprès des producteurs agricoles québécois.

Pendant trois jours, à la mi-juillet, l’Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers (AFSPG) a invité un groupe d’agriculteurs en Alberta.

Le but du voyage, toutes dépenses payées : « offrir l’opportunité à plus de Québécois d’approfondir leurs connaissances sur le gaz de schiste » dans le cadre de la « tournée des agriculteurs 2013 ».

Il y avait là, notamment, un conseiller municipal et une productrice laitière « qui voulait avoir des réponses et qui a posé énormément de questions », a constaté Mario Lévesque, président de l’AFSPG, à l’origine de cette initiative qu’il souhaite répéter.

« On veut ouvrir les canaux de communication entre nos gens ici et les populations là-bas qui vivent dans cet environnement », plaide-t-il.

Ces tournées commanditées par l’industrie peuvent-elles être perçues comme un moyen de « vendre » le gaz de schiste et de n’en montrer que les avantages?

« La question est très, très bonne, répond Mario Lévesque. Nous, on ne va pas là [dans l’Ouest canadien] pour faire de la propagande. »

Il précise : « Je suis moi-même enregistré comme lobbyiste et les questions d’éthique sont très importantes. Il faut être transparent. »

Il rappelle que l’Association n’a jamais caché qu’elle payait le voyage (2 500 $ par participant).

Question de crédibilité

À l’Union des producteurs agricoles (UPA), le premier vice-président, Pierre Lemieux, n’achète pas ces arguments. Il n’aime pas voir des producteurs agricoles explorer le territoire albertain aux côtés de représentants de l’industrie.

« On perd sa crédibilité si on accepte de se faire payer le voyage », résume-t-il.
Il ajoute : « Nous, on n’ira pas là. »

Pierre Lemieux juge que l’industrie devrait « attendre les résultats » de l’Étude environnementale stratégique (ÉES) commandée par le gouvernement avant d’organiser des tournées.

Le dépôt du document sur cette étude concernant les implications sociales et environnementales d’une éventuelle exploitation du gaz de schiste doit se faire en novembre.