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Charles Jutras de la Ferme Berthe-Rousseau en compagnie d’une partie de l’équipe de BIUS, Justin Lavoie, Raphaël Boisjoly-Sallafranque et Louis Barcelo. Photo : Gracieuseté de BIUS

Charles Jutras de la Ferme Berthe-Rousseau en compagnie d’une partie de l’équipe de BIUS, Justin Lavoie, Raphaël Boisjoly-Sallafranque et Louis Barcelo. Photo : Gracieuseté de BIUS

Une serre autonome qui carburera à l’énergie solaire

Depuis le mois de juillet, un groupe d’étudiants de l’Université de Sherbrooke joue du marteau, de la scie et du tournevis chaque fin de semaine à la ferme communautaire Berthe-Rousseau, à Durham-Sud dans le Centre-du-Québec. Leur but? Construire une serre automatisée et alimentée par l’énergie solaire.

Dans quelques semaines, l’équipe de Bâtiments intelligents de l’Université de Sherbrooke (BIUS) achèvera la construction de  VG360, un prototype de serre « solaire, passive  et intelligente » destinée à produire des fruits et légumes frais douze mois par année.

« Notre but est de créer une structure qui aura pour seul intrant énergétique les rayons du soleil et qui prendra ses propres décisions », résume avec enthousiasme Louis Barcelo, président de BIUS, dont l’équipe réunit des étudiants en génie du bâtiment et en génie de la robotique.

Fonctionnement

Pour parvenir à automatiser la structure, l’équipe de BIUS installera un microordinateur ainsi que plusieurs capteurs dans les rangs de façon à recueillir différentes données comme le taux d’humidité des cultures ou la température ambiante. Par l’entremise d’un réseau mobile, les données seront accessibles sur Internet et indiqueront en temps réel l’état de la serre. Forts de ces données, les étudiants de BIUS pourront par la suite programmer à distance la structure et en améliorer le fonctionnement.

La serre pourra être chauffée le jour grâce à une grande fenestration de panneaux de polycarbonate orientée plein sud et inclinée à 60 degrés. Une fois la nuit tombée, un récupérateur de chaleur transférera automatiquement l’air chaud dans un réseau de drains français enfoui dans le sol, réchauffant ainsi les racines des cultures à la manière d’un champ géothermique horizontal. Pour assurer l’étanchéité de la structure, les murs extérieurs ont été remplis d’isolant de chanvre et scellés avec un pare-vapeur.

L’irrigation, quant à elle, sera assurée grâce à un système de récupération d’eau de pluie stockée dans des barils surélevés. Toujours à l’aide de capteurs, les valves du système d’irrigation seront déclenchées au moment de franchir un seuil préétabli.

Enfin, quatre panneaux photovoltaïques fourniront une production de 500 W pour alimenter le réseau informatique et les mécanismes de la serre. « La batterie que nous avons choisie est autonome pendant 72 heures sans ensoleillement et nous n’avons retenu que des systèmes peu énergivores », précise Louis Barcelo.

Photo : Louis Barcelo

Photo : Louis Barcelo

Un projet « inspirant »

À la ferme communautaire Berthe-Rousseau, qui accueille des personnes souffrant d’une dépendance ou d’une santé fragile, lesquelles participent aux travaux de la ferme, on se dit emballé par ce projet « très inspirant et novateur ».
« La possibilité de produire douze mois par année me plaît beaucoup, explique son coordonnateur Charles Jutras. J’aime aussi l’idée qu’on puisse marier les techniques traditionnelles qu’on utilise encore à la ferme avec les nouvelles technologies. »

Charles Jutras souhaiterait utiliser la serre pour y faire pousser des légumes feuilles et y démarrer des semis. « C’est certain que pendant la première année, on va essayer de comprendre les conditions climatiques que peut nous donner la serre, explique-t-il. Qui sait? On arrivera peut-être à cultiver des vivaces! Mais pour moi, le fait de voir des étudiants passionnés donner de leur temps pour réaliser un rêve, je considère déjà le projet comme une réussite. »

Servir le bien commun

Dans quelques mois, l’équipe de BIUS découvrira si ses plans ont fonctionné comme voulu. Mais quoi qu’il en soit, Louis Barcelo et ses camarades n’entendent pas commercialiser leur produit. Lorsque le modèle aura prouvé son efficacité, les plans seront disponibles sur Internet, et ce, gratuitement. « Nous ne sommes pas là pour faire de l’argent avec ce projet. Nous voulons le rendre accessible au plus grand nombre pour favoriser l’autonomie alimentaire de la population. »