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Dominique Harvey a ouvert un abattoir de proximité à Sainte-Jeanne-d’Arc le 1er novembre, ce qui permettra d’éliminer en partie les abattoirs clandestins. Crédit photo : Gimmy Desbiens

Dominique Harvey a ouvert un abattoir de proximité à Sainte-Jeanne-d’Arc le 1er novembre, ce qui permettra d’éliminer en partie les abattoirs clandestins. Crédit photo : Gimmy Desbiens

Une relève pour les abattoirs de proximité

Après avoir vu le nombre d’abattoirs fondre comme neige au soleil avec l’imposition de nouvelles normes environnementales et de bien-être animal, une nouvelle vague d’entrepreneurs, appuyés par des programmes gouvernementaux, prend la relève pour transformer le bétail dans toutes les régions du Québec.

Au cours des derniers mois, de nouveaux abattoirs de proximité ont ouvert leurs portes au Lac-Saint-Jean, dans le Centre-du-Québec et dans Lanaudière, et des abattoirs provinciaux ont démarré leurs activités en Outaouais et en Montérégie. Après la saignée des abattoirs de 2012 à 2017, une vague d’investissements vient combler les besoins en région.

Le 1er novembre, la Ferme Harvey, située à Sainte-Jeanne-d’Arc, dans le nord du Lac-Saint-Jean, a ouvert un abattoir de proximité dans une région mal desservie par les transformateurs. « Je vais offrir le service d’abattage aux producteurs de bovins, de porcs, de sangliers et d’agneaux, soutient Dominique Harvey, propriétaire de l’exploitation, et qui élève 45 bœufs Highland et des sangliers. Il y a beaucoup d’abattoirs clandestins et on voulait éliminer ce problème-là en donnant le service aux gens qui en ont besoin. »

Il existait certes un abattoir de proximité à Alma, mais les distances étaient jugées trop grandes par plusieurs agriculteurs et le service n’était pas adapté à leurs besoins. C’était du moins le cas de Dominique Harvey, qui souhaite mettre en marché une viande de bœuf distinctive.

Les abattoirs de proximité ne peuvent offrir leurs produits qu’en vente directe. Ils font aussi beaucoup d’abattage à forfait. Crédit photo : Gimmy Desbiens

Les abattoirs de proximité ne peuvent offrir leurs produits qu’en vente directe. Ils font aussi beaucoup d’abattage à forfait. Crédit photo : Gimmy Desbiens

D’abattoir de proximité à abattoir provincial

À Marieville, Martin Noiseux, propriétaire de la Boucherie Abattoir Noiseux, a décidé de transformer son abattoir de proximité en abattoir provincial afin de desservir le marché de Sherbrooke et de Montréal. Pour y parvenir, il a dû investir 3,3 M$, notamment pour construire une nouvelle usine d’épuration destinée à traiter les eaux usées. « Ça fait de très gros paiements et ça amène beaucoup de stress, mais les affaires vont de mieux en mieux », soutient l’homme qui aimerait augmenter ses volumes de ventes.

En Outaouais, un abattoir provincial a également ouvert ses portes, à Shawville, en novembre dernier, grâce à un investissement de 3,5 M$ réalisé par Alain Lauzon et deux partenaires musulmans. Leur plan : transformer le bœuf, l’agneau et la viande sauvage tout en misant sur un marché de niche, la viande halal.
« La demande est là et on veut en profiter », remarque Alain Lauzon, qui emploie une douzaine de personnes.

Même son de cloche pour Dominic Girard, qui a décidé d’ajouter un abattoir de proximité à la Boucherie D. Girard, de Saint-Edmond-de-Grantham, dans le Centre-du-Québec. « J’ai beaucoup de clientèle haïtienne qui commande des animaux à la dernière minute, et c’était toujours compliqué de faire tuer les bêtes plus loin », souligne l’homme qui a bénéficié d’une aide de 200 000 $ du Programme d’appui à la compétitivité des abattoirs régionaux (PACAR) pour bâtir son abattoir de près de 400 000 $. 

Encore des régions mal desservies

Malgré les nombreux investissements, il reste encore plusieurs régions du Québec où il n’y a pas de services d’abattage des animaux. C’est le cas en Estrie, notamment depuis que Donald Rousseau, propriétaire de l’Abattoir Rousseau, victime d’un feu en 2017, a décidé de ne pas rebâtir, car il n’a pas les moyens de reconstruire un endroit susceptible de répondre aux normes, ce qui coûterait quatre fois plus cher. De plus, il manque de main-d’œuvre et n’a pas de relève.

Pour combler le vide, la Fédération de l’UPA-Estrie, en collaboration avec le Centre local de développement du Haut-Saint-François, a reçu du financement du Programme d’appui à la compétitivité des abattoirs régionaux (PACAR) pour dresser le portrait de l’abattage dans la région et ainsi définir les pistes de solutions pour faciliter la mise en marché des viandes, particulièrement pour les producteurs qui font de la vente en circuits courts. Une démarche du genre a aussi été entreprise par la Fédération de l’UPA de la Mauricie.

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