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Les truies infectées par le SRRP peuvent avorter ou donner naissance à des porcelets qui développeront des problèmes respiratoires et des retards de croissance. Photo : Archives/TCN

Les truies infectées par le SRRP peuvent avorter ou donner naissance à des porcelets qui développeront des problèmes respiratoires et des retards de croissance. Photo : Archives/TCN

Vers l’une des pires années pour les cas de SRRP

Le syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP) pourrait connaître en 2020-2021 son pire bilan depuis cinq ans au Québec, prévient le Réseau canadien de surveillance de la santé porcine.

« Les nouvelles introductions du virus dans les maternités montrent en effet que depuis juillet, la courbe est légèrement plus haute que les taux d’introduction observés en 2015-2016, qui étaient jusqu’ici les plus élevés depuis que le Laboratoire d’épidémiologie et de médecine porcine compile les cas dans les maternités porcines du Québec », confirme Raphaël Bertinotti, coordonnateur du volet maladies endémiques pour l’Équipe québécoise de santé porcine et directeur santé, qualité, recherche et développement aux Éleveurs de porcs du Québec.

Jusqu’ici, ce sont les deux principaux bassins de production du Québec qui sont touchés, soit la Montérégie et la Beauce. « En Montérégie par exemple, deux éclosions expliquent la contamination de 20 autres sites. Comme s’il y avait eu un effet boule de neige », rapporte M. Bertinotti. Il avance que la COVID-19, qui a entraîné un grand nombre de porcs en attente, pourrait être l’un des facteurs expliquant la situation, puisque les éleveurs n’ont pas toujours été en mesure de respecter tous les aspects de leur programme de biosécurité.

Plus de cas, moins d’impacts

Malgré cette recrudescence d’éclosions, les impacts sur les animaux seraient jusqu’ici moins importants que ce qui a déjà été observé dans le passé, notamment parce que les souches qui circulent sont des souches connues.

La bonne préparation des éleveurs pourrait aussi être un facteur aidant, ajoute M. Bertinotti, qui signale que les éleveurs optent en plus grand nombre pour la vaccination de leur troupeau et participent aux partages d’informations afin de limiter la propagation.

Selon Carl Gagnon, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, l’inquiétude réside surtout dans la très grande capacité de mutation de ce virus. « Les variants de la COVID-19, à côté des souches du SRRP, sont de la petite bière », illustre-t-il.

Au Québec, c’est en 2012 que le SRRP a fait le plus de dégâts dans les élevages en raison de l’apparition d’une nouvelle souche extrêmement pathogène, se remémore le chercheur. « Certains vétérinaires avaient surnommé cette souche ‘‘Katrina’’ en référence à l’ouragan du même nom et aux dommages subis dans les porcheries. »

Le vaccin pas toujours efficace

Cette grande capacité de mutation pose un défi quant à l’efficacité du vaccin, qui varie selon les souches, note M. Gagnon. « De plus, ces vaccins sont développés dans des laboratoires des États-Unis. Et ce ne sont pas nécessairement les mêmes souches qui circulent là-bas et ici », spécifie-t-il. Pour cette raison, les experts demeurent prudents quant aux risques associés à cette hausse des éclosions. « On ne sait jamais ce qui peut arriver plus tard, mais aussi, chaque éclosion est une situation malheureuse pour l’éleveur qui la subit, car elle entraîne des pertes économiques regrettables », souligne M. Bertinotti. Les pertes moyennes annuelles causées par le SRRP dans les élevages du Québec se chiffrent à 35 M$.