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Deux types de cultures sont principalement utilisées comme pâturage d’hiver : les cultures fourragères pérennes ou les céréales annuelles. Crédit photo : Archives TCN

Deux types de cultures sont principalement utilisées comme pâturage d’hiver : les cultures fourragères pérennes ou les céréales annuelles. Crédit photo : Archives TCN

Réduire les coûts dans la production bovine en allongeant la saison de paissance

La production bovine est concentrée dans les Prairies, où l’on retrouve plus de 80 % du cheptel canadien de vaches de boucherie. Or, le coût de l’alimentation d’un troupeau durant l’hiver représente plus du tiers des coûts reliés à l’alimentation, à la litière et aux pâturages.

Puisque 200 jours environ d’alimentation sont nécessaires en hiver dans l’Ouest canadien, le meilleur moyen de diminuer les coûts dans la production de vache-veau est de prolonger la saison de paissance. Lors du colloque en plantes fourragères du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) le 22 février dernier, Vern Baron, chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada à Lacombe, en Alberta, a présenté diverses pratiques et techniques pour arriver à allonger une saison de paissance. Selon le chercheur, le pâturage hivernal comporte certains risques qu’il faut bien connaître. Tout d’abord, la qualité des fourrages tend à diminuer au cours de la saison et une plus grande superficie sera nécessaire afin de combler les besoins des animaux comparativement à l’alimentation avec des fourrages servis directement comme le foin ou l’ensilage. De plus, l’apport en eau est très important, car la neige n’est pas suffisante pour combler les besoins des bovins. Des bassins chauffés peuvent être mis en place près des zones de paissance afin de limiter les déplacements des animaux pour qu’ils puissent s’abreuver et ainsi diminuer leur perte d’énergie.

Deux types de cultures sont principalement utilisées comme pâturage d’hiver : les cultures fourragères pérennes ou les céréales annuelles. Dans l’Ouest, la régie des plantes fourragères consiste à faire une première coupe et à laisser la repousse en réserve pour la faire pâturer à l’automne et au début de l’hiver. Il est possible de laisser les plants sur pied (stockpiling) ou de faire des andains en automne qui seront par la suite broutés par les animaux. La grosseur des andains est très importante, car plus ceux-ci sont gros et hauts, plus ils seront accessibles aux animaux lors de la paissance. Les céréales annuelles sont habituellement semées en juin et mises en andains en septembre. Les essais du Dr Baron et son équipe ont démontré que le système de pâturage hivernal avec les plantes fourragères est moins coûteux que celui avec l’orge ou l’avoine (72 $/ha versus 261 $/ha), mais que la capacité de charge est plus faible avec les plantes fourragères (189 journées-vaches/ha) comparativement aux céréales annuelles (600 journées-vaches/ha). L’allongement de la période de paissance permet de réduire les coûts d’alimentation des bovins lorsque les systèmes de paissance hivernale choisis permettent d’obtenir des rendements fourragers maximums et une capacité de charge optimale. 

Julie Lajeunesse, Gestion des plantes fourragères et petits fruits, Direction générale des sciences et de la technologie, Agriculture et Agroalimentaire Canada Gouvernement du Canada