fbpx
Véronique Boyer installe un accéléromètre sur la patte arrière d’une vache. Cet appareil sert à obtenir les données relatives au temps de repos des vaches.

Véronique Boyer installe un accéléromètre sur la patte arrière d’une vache. Cet appareil sert à obtenir les données relatives au temps de repos des vaches.

Peut-on améliorer le confort des vaches en allongeant leur chaîne?

« J’ai grandi à Vaudreuil dans une ferme laitière comptant une trentaine de vaches. Mes parents ont toujours eu à cœur le bien-être de leurs bêtes. Pour eux, la rentabilité de l’entreprise passe par la longévité des vaches. Depuis que je suis toute petite, je les entends expliquer qu’ils préfèrent faire mieux que faire plus », affirme Véronique Boyer, candidate à la maîtrise en agronomie au Campus Macdonald.

Forte de son expérience de vie dans une ferme, la jeune femme effectue des recherches au sein du laboratoire d’Elsa Vasseur, spécialiste du bien-être animal, depuis maintenant deux ans et demi. 

Les impacts de la longueur de la chaîne

La jeune chercheuse s’intéresse notamment à la longueur de la chaîne reliant la vache à la barre d’attache de la stalle. « Des études ont démontré qu’une chaîne trop courte augmente les risques de blessures aux genoux et aux jarrets. De plus, on remarque que ça peut entraver les mouvements des vaches, en particulier la transition entre le lever et le coucher, ce qui diminue leur confort. » 

Or, le confort a un impact important sur la productivité et la longévité des vaches laitières, souligne l’étudiante graduée. Lors de ses recherches, elle a comparé les impacts d’une chaîne de 90 à 102 cm, soit la longueur recommandée par le Code de pratiques pour les vaches Holstein en stabulation entravée, avec une autre de 140 cm, sur 24 Holstein en lactation. 

Elle a constaté qu’une chaîne plus longue permettait aux bêtes de bouger davantage, ce qui peut contribuer à améliorer leur santé musculosquelettique. De plus, les animaux hésitaient moins à se coucher, ce qui indiquait qu’ils étaient plus à l’aise dans leur environnement. 

À la lumière de ces résultats, on pourrait être tenté de recommander aux éleveurs de bovins d’utiliser une chaîne de 140 cm pour toutes leurs bêtes. Mais Mme Boyer s’en garde bien. « Durant cette étude, j’ai également constaté que ce n’était pas bénéfique pour toutes les vaches. Les individus nerveux ou ceux qui éprouvaient certains problèmes moteurs risquaient davantage de se prendre les pattes dans la chaîne si celle-ci est plus longue. Il est aussi apparu évident que les vaches plus âgées mettaient plus de temps que les jeunes à apprendre à passer la patte par–dessus la chaîne pour ne pas s’y empêtrer. C’est pourquoi je recommanderais aux éleveurs de sélectionner les bêtes qui bénéficieraient d’une chaîne plus longue. Heureusement, cette mesure a l’avantage de pouvoir être appliquée graduellement, facilement et à peu de frais », fait-elle valoir.

La jeune agronome déplore enfin le fait que de nombreux éleveurs de bovins utilisent des chaînes plus courtes que la norme. Elle les enjoint donc à respecter la recommandation en vigueur afin d’améliorer le confort et la longévité de leurs bêtes.

Besoin de bouger

La chaîne des vaches en stabulation entravée doit être suffisamment longue pour leur permettre d’effectuer sans encombre certains mouvements ou de manifester certains comportements : se lever et se coucher, accéder à l’eau et à la nourriture, se nettoyer en se léchant notamment sous les pattes arrière ou au niveau de la croupe et se coucher avec la tête repliée contre le corps, une posture associée au
sommeil profond.

Marie-Claude Ouellet, Agence Science-Presse