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Que les animaux d’élevage soient dans la ferme ou au pâturage, les risques demeurent. Or, leur confinement peut même accentuer la transmission des parasites. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Que les animaux d’élevage soient dans la ferme ou au pâturage, les risques demeurent. Or, leur confinement peut même accentuer la transmission des parasites. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Les parasites protozoaires : mieux vaut prévenir que guérir

Lorsqu’une maladie infectieuse apparaît chez les animaux, l’efficacité de la prise en charge dépend de la rapidité de détection du problème, des outils diagnostiques utilisés et des solutions mises en place. Ces maladies affectent la santé, le bien-être et la qualité du lait des vaches, en plus d’occasionner des pertes économiques. Il est important de connaître les principaux parasites qui s’attaquent aux bovins, en particulier aux jeunes, ainsi que les méthodes permettant de diagnostiquer et de traiter ces maladies.

Infections mixtes

Dans ce contexte, il faut porter une attention particulière aux parasites protozoaires, notamment Eimeria, Giardia et Cryptosporidium. Transmis par l’ingestion de kystes (œufs) dans les matières fécales, ils entraînent la perte des cellules intestinales responsables de l’absorption des aliments, ce qui provoque de fortes diarrhées chez l’animal contaminé. Des infections mixtes comptant plusieurs parasites, bactéries, virus, etc., sont également possibles et peuvent rendre les bêtes sévèrement malades. Chez certains sujets, des infections peuvent passer inaperçues, mais induire un retard de croissance et mener à une réduction non négligeable dans la production de lait, d’où l’importance de la prévention.

Confiner pour prévenir?

Les animaux d’élevage sont-ils mieux protégés des parasites lorsqu’ils sont gardés à l’intérieur? Eh bien non. Que ces bêtes soient dans la ferme ou au pâturage, les risques demeurent. Or, leur confinement peut même accentuer la transmission des parasites.

Afin de limiter la propagation au sein du troupeau, il est primordial de réaliser des tests diagnostiques à partir d’échantillons de fèces fraîches. Il est possible de les récolter auprès de plusieurs vaches, puis de les regrouper dans le même échantillon (pool). Cependant, il est parfois avantageux d’effectuer des tests individuels pour cibler le parasite en cause chez un animal en particulier. Pour le diagnostic des infections à Eimeria, à Giardia et à Cryptosporidium, la flottaison fécale demeure la méthode la plus efficace.

Traitements disponibles

Si des cas d’infections parasitaires à protozoaires surviennent malgré la prévention, il existe certains traitements dont la majorité vise à réduire la déshydratation et la perte d’électrolytes causées par la diarrhée. Certains médicaments sont offerts pour contrer les infections à Eimeria et à Giardia. Malheureusement, il n’en existe aucun sur le marché pour combattre une infection à Cryptosporidium.

Pour conclure, la transmission des parasites est possible tant chez les animaux gardés à l’extérieur qu’à l’intérieur, les jeunes étant les plus vulnérables. Miser sur la régie de l’élevage et une bonne hygiène fait en sorte de réduire l’infection et la propagation des maladies à protozoaires. Des tests diagnostiques réguliers permettent d’évaluer l’état de santé global et individuel des bêtes de la ferme afin de mettre en place des mesures pour empêcher qu’une maladie se dissémine davantage et de déterminer la pertinence d’un traitement.

Astuces pour limiter la propagation des parasites

  • Isoler les mères, les nouveau-nés ainsi que les animaux malades;
  • Désinfecter régulièrement les locaux ainsi que le matériel;
  • Éviter l’entassement des bêtes;
  • Privilégier une santé adéquate des jeunes en leur procurant un colostrum abondant et une alimentation optimale qui contient parfois des anticoccidiens en prévention.

Noélie Douanne, étudiante au PH.D., Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal
Victoria Wagner, Mira Hajjar et Élizabeth Matte, étudiantes à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal
Dr. Christopher Fernandez-Prada, M.V., professeur adjoint en parasitologie vétérinaire et directeur du Laboratoire de diagnostic en parasitologie de l’Université de Montréal