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D’autres races de croisement, telles que Blanc Bleu Belge, Blonde d’Aquitaine ou Limousine, ont été suggérées pour remplacer la Angus. Photo : Gracieuseté des PBQ

D’autres races de croisement, telles que Blanc Bleu Belge, Blonde d’Aquitaine ou Limousine, ont été suggérées pour remplacer la Angus. Photo : Gracieuseté des PBQ

Les croisements Angus posent problème pour les éleveurs de veaux

QUÉBEC – Au cours des deux dernières années, les veaux croisés Holstein-Angus se sont accrus de plus de 40 % dans les encans de la province. Or, la race Angus produit une viande trop grasse pour le marché du veau. En assemblée générale annuelle des Producteurs de bovins du Québec (PBQ) le 30 mars, les éleveurs de veaux ont exprimé le souhait de voir davantage de veaux croisés avec d’autres races à l’encan.

Le président des Producteurs de bovins du Québec, Jean-Thomas Maltais, a souligné le 40e anniversaire du Plan conjoint. Photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Le président des Producteurs de bovins du Québec, Jean-Thomas Maltais, a souligné le

40e anniversaire du Plan conjoint. Photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Au micro, le président de Préval AG (anciennement Délimax), Fabien Fontaine, a applaudi la filière de s’interroger sur ce problème. « On a une infrastructure de veaux au Québec dont on est fiers et qu’on veut garder. Pour ça, on a besoin d’une race à viande plus maigre que les races à bœuf », dit-il.

Des éleveurs ont suggéré en assemblée d’autres races de croisement, telles que Blanc Bleu Belge, Blonde d’Aquitaine ou Limousine. Le président des PBQ, Jean-Thomas Maltais, a expliqué à La Terre que les acheteurs n’ont que quelques secondes pour voir le veau qu’ils acquièrent à l’encan. « Présentement, l’image qui paye le plus, c’est un veau noir. Le producteur de lait veut avoir le plus pour son produit; c’est normal. Alors il fait un veau noir, mais il pourrait faire un Simmental noir aussi. Il y a des opportunités », dit-il en faisant toutefois remarquer que la race Blanc Bleu Belge peut connaître des vêlages plus difficiles qu’une Holstein. 

Le producteur laitier Yvon Boucher a souligné qu’il était prêt à changer de race de croisement si les producteurs de veaux y mettaient le prix. « On est là pour travailler ensemble. Vous dites que vous voulez des beaux veaux, mais si le prix ne suit pas, nous, on comprend vite qu’on se dirige dans une autre direction. Comment on peut travailler ensemble pour continuer d’atteindre nos objectifs ? » a-t-il demandé.

Le président du comité de mise en marché des producteurs de veaux de grain, Louis-Joseph Beaudoin, affirme travailler avec l’initiative de valorisation de l’image de marque Avantage du bœuf canadien afin d’identifier les races de croisement alternatives qui offrirait une viande maigre aux éleveurs de veaux, tout en prenant en considération les besoins de vêlages et d’insémination des producteurs de lait. Un guide sur les races de croisement élaboré par le comité de mise en marché des bovins de réforme et des veaux laitiers existe par ailleurs depuis octobre 2020.

Pierre-Luc Nadeau, président du comité de mise en marché des producteurs de veaux de lait, a ajouté que si les coûts de production n’étaient pas comblés avec le prix de vente des veaux aux transformateurs, les producteurs n’étaient pas en mesure d’acheter des veaux plus cher aux producteurs de lait. « Par contre, est-ce qu’on est capables de payer plus cher pour un Blanc Bleu Belge? Certainement, parce qu’il y a un avantage économique sur cette race-là », assure ce dernier. Fabien Fontaine précise qu’un système de classement sera prochainement mis sur pied chez Délimax et permettra de rémunérer les éleveurs en fonction de la qualité des veaux.