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Après plusieurs mois de ventes à perte, plusieurs éleveurs de veaux de lait, dont Pierre-Luc Nadeau, songent à délaisser cette production. Photo : Archives/TCN

Après plusieurs mois de ventes à perte, plusieurs éleveurs de veaux de lait, dont Pierre-Luc Nadeau, songent à délaisser cette production. Photo : Archives/TCN

Des producteurs de veaux de lait au bord du gouffre

Le cri du cœur des producteurs de veaux de lait lancé en mai, pour inciter les consommateurs à acheter du veau du Québec en épicerie, n’a pas suffi à compenser les pertes encourues par le ralentissement des activités dans les restaurants depuis le printemps, soit le principal marché pour cette viande. Au bord du gouffre, plusieurs éleveurs songent à délaisser la production ou à déclarer faillite, selon les Producteurs de bovins du Québec (PBQ).

« Si ça continue comme ça, c’est sûr que je regarde d’autres avenues », témoigne Pierre-Luc Nadeau, producteur en Beauce. « Moi, je produis du veau de lait parce que ça me passionne. Mais si ça ne fonctionne plus, je vais me tourner vers autre chose », ajoute-t-il. Celui qui agit également à titre de président du comité de mise en marché des veaux de lait aux PBQ a des échos de nombreux confrères qui songent eux aussi à capituler. « Il faut vraiment que ça change vite parce que c’est une filière au complet qui est en danger », plaide-t-il.

Une enquête à l’appui

Une récente enquête du Centre d’études sur les coûts de production en agriculture, commandée par les PBQ, révèle que le revenu moyen des producteurs était de 1116 $ par veau de lait, de janvier 2018 à mars 2020. Or, d’avril à août 2020, ce revenu moyen a chuté à 970 $, soit une diminution de 146 $ par veau.

« Actuellement, ce sont des pertes de plusieurs milliers de dollars par mois pour des entrepreneurs qui ont une famille à nourrir et des veaux à soigner », calcule Pierre-Luc Nadeau. Bien que les prix offerts par les abattoirs se soient « redressés légèrement » dernièrement, les agriculteurs continuent de vendre leurs bêtes à perte, se désole-t-il, ajoutant que les programmes de sécurité du revenu en place ne répondent pas aux besoins exceptionnels des éleveurs de veaux de lait.

Les PBQ réitèrent donc leur demande au ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, de déployer un programme d’aide financière spécifique à cette production.

Interrogé par La Terre à cet effet, M. Lamontagne a laissé entendre, le 19 novembre, que la filière du veau de lait bénéficiera certainement de l’enveloppe de 157 M$ accordée par son ministère pour soutenir l’autonomie alimentaire du Québec, puisque certaines mesures visent à accroître la compétitivité des entreprises. Il n’a toutefois pas mentionné qu’une aide spécifique au secteur du veau de lait serait accordée.