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La première phase du projet permettra d’informer les utilisateurs de la plateforme sur les volumes à venir, les prix sur le marché, le poids (agneau léger ou lourd), les données de vente en épicerie ainsi que de l’information sur les prix des produits importés. Patricia Blackburn/Archives TCN

La première phase du projet permettra d’informer les utilisateurs de la plateforme sur les volumes à venir, les prix sur le marché, le poids (agneau léger ou lourd), les données de vente en épicerie ainsi que de l’information sur les prix des produits importés. Patricia Blackburn/Archives TCN

Une plateforme de mise en marché de l’agneau en 2024

La filière ovine bénéficiera d’une plateforme dont l’analyse de données en temps réel prédira plusieurs semaines à l’avance le volume, les prix des agneaux disponibles sur le marché ainsi que les données de vente en épicerie. La plateforme sera mise en service au printemps 2024.

En entrevue avec La Terre, le président des Éleveurs d’ovins du Québec (LÉOQ), Pierre Lessard, a déclaré que le secteur ovin était l’un des plus difficiles à planifier. « Avec cette plateforme, le producteur va pouvoir faire un choix selon les volumes qui s’en viennent dans 8 ou 10 semaines, est-ce que je fais un agneau léger que j’envoie à l’encan tout de suite ou je fais un agneau lourd pour ce marché-là? Les chaînes vont pouvoir faire la même planification », dit-il.

Depuis 15 ans, l’entreprise Attestra amasse plus d’un million de données par année dans le secteur ovin qui sont destinées au ministère de l’Agriculture dans le but de documenter la traçabilité des animaux grâce aux identifiants. « C’est une mine d’or d’information à exploiter », indique la directrice générale d’Attestra, Marie-Christine Talbot. Elle précise que le consentement des producteurs sera nécessaire à l’exploitation, anonyme, des données.

Les gouvernements fédéral (860 000 $), provincial (170 000 $) et l’organisme national de recherche Mitacs (120 000 $) investissent dans ce projet de près de 2 M$ afin que des étudiants au postdoctorat de l’Université Laval utilisent les données d’Attestra, de l’agence de vente ovine, ainsi que les données de pesées de Genovis pour créer, grâce à l’intelligence artificielle, un modèle prévisionnel qui alimentera la plateforme. « On aura à la fois plus d’un million de données globales, mais aussi les données d’une quarantaine de producteurs pendant les deux prochaines années pour contre-vérifier et valider les modèles », indique le directeur général de LÉOQ, Jean-Philippe Deschênes-Gilbert. À terme, il souhaite qu’un producteur puisse évaluer la rentabilité de sa ferme grâce à la plateforme.

Encore des problèmes d’identifiants

Si les retards de livraisons d’identifiants (communément appelés tags) semblent s’amoindrir auprès des éleveurs de la province, la directrice générale d’Attestra, Marie-Christine Talbot, soutient que la situation n’est pas totalement résorbée. Rappelons qu’un système temporaire de traitement des commandes avait été mis sur pied par l’organisation en décembre pour répondre en priorité aux commandes urgentes des éleveurs ovins après que le fournisseur Allflex ait procédé à un changement de système informatique. « On gère toujours la distribution des identifiants réguliers [alors que les producteurs devraient pouvoir effectuer leurs commandes directement sur la plateforme SimpliTRACE]. Le problème, c’est la réémission des tags et les commandes spécifiques, qui touchent davantage les producteurs laitiers », dit-elle en précisant que l’organisme répond actuellement aux commandes spécifiques effectuées au mois de mars. « C’est pour la réémission des numéros que le système informatique n’est pas encore réglé », indique-t-elle. La directrice générale espère que la situation reviendra à la normale au début de l’automne.