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Photo : Shutterstock.com

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REER vs CELI : lequel choisir?

Depuis le 1er janvier 2009, les contribuables canadiens possèdent deux véhicules pour leur permettre d’économiser pour la retraite. Il s’agit du régime enregistré d’épargne-retraite (REER) et du compte d’épargne libre d’impôt (CELI). Bien que les deux régimes aient des objectifs très différents, les deux constituent un véhicule d’épargne supplémentaire. Nous allons voir sommairement les caractéristiques de ces comptes d’épargne et leurs différences.

Le REER

Le REER constitue un abri fiscal très intéressant. Les contributions à un REER sont généralement déductibles dans le calcul du revenu net, ce qui permet de réduire les impôts en plus de vous rendre admissible à certains autres crédits ou prestations pour la famille ou d’augmenter ceux-ci. En effet, plusieurs crédits ou prestations sont accordés en fonction du revenu net familial. Ces crédits ou prestations sont principalement : la prime au travail du Québec et l’allocation canadienne pour les travailleurs au fédéral, les allocations canadiennes pour enfants, les crédits de TPS et solidarité, l’assurance-médicaments du Québec et l’allocation famille du Québec.

Le droit de cotisation pour 2020 correspond à 18 % du revenu « gagné» de 2019, jusqu’à un maximum de 27 230 $, plus les droits de cotisation inutilisés des années antérieures. Les revenus générés à l’intérieur du RÉER se font à l’abri de l’impôt. Lors de la retraite, le bénéficiaire d’un REER pourra retirer les sommes accumulées sous forme de rentes viagères ou de fonds enregistré de revenu de retraite (FERR). À ce moment-là, il s’agira de répartir les sommes accumulées sur la durée restante de la vie du bénéficiaire, ou du conjoint. Ces sommes ainsi retirées s’ajouteront au revenu imposable du rentier ou du conjoint.

Le CELI

Le CELI est différent du REER. Lors du dépôt d’argent dans le CELI, aucune déduction fiscale ne sera permise. Les revenus accumulés dans le CELI (intérêts, dividende, gain en capital, etc.) s’accumuleront libres d’impôt, mais lors d’un retrait d’argent, le capital et les revenus accumulés ne seront pas imposables.
À compter de l’année 2009, et ce, jusqu’à 2012 inclusivement, tout particulier de 18 ans et plus qui réside au Canada pouvait verser annuellement un
montant maximal de 5 000 $ dans son CELI. Pour 2013 et 2014, la cotisation maximale a été portée à 5 500 $; pour 2015, elle était de 10 000 $; pour 2016 à 2018, elle était de 5 500 $; et à compter de 2019, elle est de 6 000 $. Ainsi, un contribuable n’ayant jamais contribué dans son CELI pourra, en 2021, investir un montant de 75 500 $.

REER ou CELI?

L’une des variables les plus importantes dans ce choix est le taux d’imposition aujourd’hui et celui qui prévaudra au moment de la retraite. En effet, si au moment de la retraite, le taux d’imposition pour le contribuable qui possède un REER est plus bas que dans les années où il cotisait, le placement REER semble plus avantageux. Les autres facteurs importants à considérer à compter de 65 ans sont la pension de sécurité de la vieillesse (PSV) et le supplément de revenu garanti (SRG). Comme ces deux programmes sociaux peuvent se trouver amputés selon les revenus imposables du retraité, dans ce cas, le placement CELI est plus avantageux, car les montants qu’on y retire n’entrent pas dans le calcul du revenu imposable du retraité et ne viennent donc pas réduire les montants de la PSV et du SRG selon le cas.

Lorsque vous aurez à choisir entre le REER et le CELI, il sera très important de considérer tous les facteurs propres à votre situation : votre taux d’imposition, le nombre d’enfants admissibles aux différentes prestations actuellement disponibles, ainsi que vos revenus projetés à la retraite. Il est également important de valider régulièrement vos choix, car non seulement votre situation familiale évolue-t-elle, mais les gouvernements modifient régulièrement leurs programmes ainsi que leurs critères d’admissibilité.

En conclusion, le REER est le véhicule le plus avantageux au moment de la cotisation. Par contre, c’est l’inverse qui se produit au moment du retrait des sommes, car il reporte l’imposition totale à plus tard. Quant au CELI, il protège les fruits de vos investissements d’une imposition présente ou future. Pour vous informer au sujet de toutes ces variables, nous vous conseillons une bonne planification globale avec un professionnel qualifié qui connaît bien votre situation.

Élizabeth Bélanger
M. Fisc, fiscaliste chez SCF Estrie inc.