La taille du cheptel porcin aux États-Unis a diminué par rapport à l’année dernière, ce qui devrait aider au maintien des prix sur les marchés, estime un analyste de la société de courtage R.J. O’Brien. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantMalgré un contexte économique incertain causé par les tensions géopolitiques, le prix du porc sur les marchés boursiers ne devrait pas subir de « catastrophes », estime Simon Brière, stratège principal pour la société de courtage R.J. O’Brien.

« Je reste positif dans mes projections économiques. C’est un peu moins rentable qu’il y a deux ou trois mois, mais je ne suis pas dans un scénario apocalyptique non plus. J’ai l’impression qu’on virevolte aux alentours des marges ASRA [Assurance stabilisation des revenus agricoles], et donc, que ça ne prendrait pas grand-chose pour tomber dans le positif », a-t-il résumé lors d’une rencontre d’information virtuelle sur la perspective économique du secteur porcin organisée par les Éleveurs de porcs du Québec, le 15 avril.
Baisse du cheptel aux États-Unis
C’est la diminution du cheptel américain par rapport à l’année précédente qui devrait soutenir les prix du porc sur le marché boursier et éviter une trop grande chute des prix reliée aux tensions commerciales, prévoit-il.
Normalement, si on a moins de cheptels, il y a une rareté qui devrait faire augmenter les prix. Mais ce n’est pas le cas actuellement, en raison de toute l’incertitude reliée au commerce international avec les États-Unis.
Le Mexique, qui est le plus gros acheteur de porc américain, a jusqu’ici été épargné par les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump sur différents produits, dont le porc, mais plusieurs autres marchés d’exportation, comme le Japon, la Chine et la Corée du Sud, sont déjà touchés, ce qui a provoqué « une grande volatilité des prix sur les marchés », explique M. Brière. « Le 2 avril, le marché [du porc] a planté, puis il a remonté un petit peu, mais il est encore fragilisé. Ce qui est bien, c’est qu’il y a quand même moins d’élevage [qui se fait aux États-Unis]. On se croise les doigts pour que la demande soit au rendez-vous. »
Parmi les autres facteurs pouvant aussi jouer sur les coûts de production des éleveurs, le prix des grains devrait être légèrement plus bas cette année, notamment le maïs, dont les superficies en culture ont augmenté aux États-Unis, a mentionné l’analyste. La météo pourrait toutefois changer la donne.
Un écart de prix avec le bœuf favorable au porc
Le prix très élevé du bœuf pourrait lui aussi jouer en faveur d’autres viandes, comme le porc, anticipe le stratège. « Parce qu’on a le cheptel de bœuf le plus faible depuis 1960, et pourtant, la population ne fait qu’augmenter. C’est un indicateur positif pour le porc, car il y a un écart de prix d’environ un dollar la livre ente les deux, et ça, je n’ai jamais vu ça à la bourse. Donc le porc pourrait devenir fortement en demande, parce que le bœuf est carrément trop cher. Ce serait positif pour stabiliser les prix dans toute cette incertitude-là », a-t-il exposé.