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Les rendements ordinaires en acériculture devraient à tout le moins permettre aux producteurs de se faire payer des barils de sirop invendus et gardés en inventaire depuis près d’une dizaine d’années. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Les rendements ordinaires en acériculture devraient à tout le moins permettre aux producteurs de se faire payer des barils de sirop invendus et gardés en inventaire depuis près d’une dizaine d’années. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Mauvaise saison des sucres : pas de panique, disent les PPAQ

Le téléphone sonne souvent chez les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), car les acériculteurs sont inquiets de la mauvaise saison des sucres. Le directeur général de l’organisation, Simon Trépanier, estime que la récolte n’est pas énorme, mais dépasse les 100 millions de livres. « On n’a pas le chiffre exact, mais nous sommes loin de penser à une récolte catastrophique », relativise-t-il, en entrevue avec La Terre.

Il précise que la réserve stratégique de 105 millions de livres permettra de combler les manques de production et assurer un approvisionnement stable aux acheteurs de sirop, dont les ventes ne cessent d’augmenter.

Plus de sirop foncé

Les résultats préliminaires indiquent que les producteurs situés dans les secteurs plus chauds du Québec, comme la Montérégie, affichent des rendements inférieurs à leur moyenne, tandis que ceux des régions plus froides, comme l’est du Québec, obtiendront des résultats près de leur moyenne. « En 2018, les gens du Bas-Saint-Laurent–Gaspésie avaient rempli leur contingent à seulement 45 %. Plusieurs avaient été sauvés par l’assurance récolte. Tandis que l’ouest avait eu de bons rendements. On retrouve le phénomène inverse cette année », commente-t-il.

En matière de qualité, ce printemps chaud et hâtif risque de laisser sa trace avec du sirop plus foncé. « Les températures se sont maintenues au-dessus des moyennes. De plus, le taux de sucre était bas et quand tu pompes [pour concentrer l’eau davantage], ça crée plus de chaleur. L’eau pouvait atteindre
20 à 25 ºC.  Les microorganismes se développent davantage et ça crée plus de sucres invertis, ce qui fait un sirop plus foncé », explique le directeur général des PPAQ.

Cette production de sirop plus foncé et les saveurs de sève notées par plusieurs acériculteurs en raison des températures chaudes leur laissent croire qu’ils pourraient être pénalisés lors du classement. Simon Trépanier mentionne que le classement vient de débuter. Il faudra attendre avant d’en tirer des conclusions. Il souligne toutefois que les crochets, qui désignent un défaut de saveur léger, n’entraînent aucune pénalité monétaire.

Des émissions de contingent?

Les PPAQ attendront les résultats finaux de la saison 2021 avant de s’avancer sur une possible émission de contingents. Simon Trépanier fait remarquer qu’encore 160 000 entailles, qui ont été offertes aux producteurs depuis 2016, notamment à la relève, n’ont pas encore été mises en production.

Inventaires à payer des années passées

Une faible récolte cette saison aura l’avantage de permettre aux acériculteurs de se faire payer des livraisons de sirop invendu qui datent de près de 10 ans. « On est rendus à fermer les années 2012 en montant. Si on vend des inventaires des années passées, ça pourrait aller vite, car il nous reste 3 millions de livres de la saison 2012, 2 millions pour 2013, 4 millions pour 2014 et 5 millions pour 2015. Les gros volumes sont en 2016 avec 20 millions et 2017 aussi », énumère le directeur général des Producteurs et productrices acéricoles du Québec, Simon Trépanier.

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