Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a présenté la mise à jour économique du printemps 2026 à la Chambre des communes, le 28 avril. Photo : CPAC
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S'abonner maintenantLa réduction du coût du panier d’épicerie des Canadiens est l’un des dossiers prioritaires du gouvernement libéral depuis sa réélection. La mise à jour économique présentée par le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, à la Chambre des communes, le 28 avril, poursuit dans cette veine. Pour ce faire, elle propose entre autres d’élargir les mandats de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA).
En effet, le gouvernement annonce, dans le document de 200 pages, que la Loi sur l’Agence canadienne d’inspection des aliments et la Loi sur les produits antiparasitaires seront modifiées pour inclure des mesures visant à prendre en compte la sécurité alimentaire et le coût des produits alimentaires.
Le document économique stipule que l’inflation du prix des aliments s’est accrue de 4,4 % au mois de mars comparativement à la même période l’année précédente, notamment parce que le prix du bœuf, de la laitue, du café et des confiseries s’est accru de 21 %. « Les prix des aliments varient énormément, et le Canada n’est pas le seul pays à faire face à une telle volatilité, lit-on dans le document. L’augmentation des prix des produits agricoles, de l’énergie et des engrais, les perturbations des récoltes causées par les conditions météorologiques, et la faiblesse du dollar canadien à la fin de 2024 sont autant de facteurs à l’origine de la hausse des prix des aliments. Ces pressions sont amplifiées par le fait qu’au Canada, les chaînes d’approvisionnement alimentaire sont fortement intégrées. Environ 30 % des aliments sont importés au pays, et cette proportion monte à 75 % dans le cas des produits frais, dont les prix tendent à être plus volatils et à dépendre davantage des conditions météorologiques. »
Afin de réduire le coût du panier d’épicerie, le gouvernement suit une stratégie en trois volets : accorder des aides directes aux ménages pour faire face à la hausse du coût de la vie, proposer des mesures pour influencer les prix dans des domaines où le gouvernement a des leviers politiques – comme le prix de l’essence – et effectuer des réformes structurelles qui auront des effets à long terme, comme sur les pesticides, notamment.
La mise à jour économique annonce un investissement de 24 M$ sur quatre ans dès 2027, puis 9 M$ par année ensuite, pour permettre à Santé Canada d’élargir sa capacité d’analyse économique et d’optimiser les processus d’examen des produits homologués par l’ARLA.
Ottawa rappelle qu’une stratégie nationale de sécurité alimentaire est en cours d’élaboration « pour renforcer la production d’aliments au pays et améliorer l’accès à des aliments abordables et nutritifs ». Les détails seront dévoilés ultérieurement.
7 G$ chez FAC
La réduction du prix des aliments sera aussi induite par des investissements qui amélioreront la productivité des entreprises des secteurs agricoles et agroalimentaires, croit le gouvernement. En mai 2025, Financement agricole Canada (FAC) a annoncé un investissement de 2 G$ d’ici 2030 pour stimuler l’innovation dans ces secteurs. La mise à jour économique mentionne qu’en février, FAC a obtenu l’engagement d’une vingtaine d’organisations – dont la Banque Royale du Canada – en vue d’investir 5 G$ supplémentaires pour soutenir des projets innovants dans le secteur agricole et agroalimentaire canadien d’ici 2030.
Rappelons qu’au cours des derniers mois, Ottawa a annoncé des aides directes à la population de près de 12 G$ pour l’épicerie (Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels), des aides de 500 M$ aux entreprises touchées par les perturbations des chaînes d’approvisionnements (Fonds de réponse stratégique) et un soutien de 150 M$ aux petites et moyennes entreprises par la création d’un fonds pour la sécurité alimentaire, issu de l’Initiative régionale de réponse tarifaire et un appui de 20 M$ aux banques alimentaires.
Nouveaux accords de commerce
Les 15 accords de libre-échange auxquels le Canada participe lui procurent un « accès préférentiel à 1,5 milliard de consommateurs dans 51 pays, à l’origine de près des deux tiers du PIB mondial », mentionne la mise à jour économique du ministre Champagne.
En réponse aux menaces tarifaires du gouvernement américain, Ottawa s’était engagé, dans le budget 2025, à doubler les exportations (pour atteindre 300 G$) vers d’autres marchés dans les 10 prochaines années. La mise à jour économique précise que le gouvernement « cherche à conclure des partenariats dans des secteurs clés, comme l’énergie, les minéraux critiques, les technologies d’énergie propre, la défense, l’intelligence artificielle et l’agriculture ».
De nouveaux accords de libre-échange ont récemment été signés avec l’Indonésie et la Chine. Ce dernier accord visait notamment à réduire ou suspendre les droits de douane sur les exportations agricoles et sur les produits de la mer canadiens.
Ottawa négocie de nouveaux accords de commerce avec l’Inde, les Émirats arabes unis, les Philippines, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (regroupant 10 pays de la région) et a entrepris des discussions exploratoires avec la Thaïlande. Le Canada a également repris les négociations d’un accord avec les pays du Mercosur (Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay et Uruguay).
Travailleurs saisonniers
La mise à jour économique fait également état de la reconduction, jusqu’en octobre 2028, des cinq semaines de prestations supplémentaires d’assurance-emploi pour les travailleurs saisonniers dans 13 régions économiques ciblées.
Au Québec, la mesure, qui devait prendre fin en octobre 2026, concernera les travailleurs saisonniers de cinq régions économiques : la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, le Bas-Saint-Laurent–Côte-Nord, le Centre-du-Québec, Chicoutimi-Jonquière et le Nord-Ouest du Québec.