Économie 23 juillet 2025

Les intérêts ont continué de peser sur les dépenses des fermes québécoises en 2024

En 2024, bien que les prix de certains intrants et engrais aient diminué, les intérêts sur la dette agricole ont accru les dépenses d’exploitations des fermes de 1 %. C’est ce que révèle le bilan de l’année 2024 dévoilé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) en juillet.

En 2024, le coût global des intrants est resté relativement similaire à celui de 2023 dans les fermes du Québec, et ce, malgré la baisse des prix des engrais observée à l’échelle mondiale et la réduction de 13 % des coûts de l’alimentation animale au Québec (occasionnée par la diminution des prix des céréales et des oléagineux sur le marché international).

Selon le MAPAQ, la hausse des dépenses d’exploitation des fermes en 2024 est plutôt attribuable à la progression des frais d’intérêts provoquée par les 10 hausses successives du taux directeur par la Banque du Canada entre 2022 et 2023. Rappelons que l’objectif de la Banque du Canada était de contrer l’inflation, qui a atteint 6,8 % au pays (6,7 % au Québec) en 2022.

Recettes monétaires en hausse

Si les dépenses des fermes ont augmenté en 2024, les revenus provenant du marché se sont aussi accrus de 3,8 % en 2024, pour atteindre 12,3 G$, notamment dans les productions animales et végétales.

Dans les productions animales, les éleveurs porcins ont bénéficié d’une hausse de prix moyen de 8 % en 2024 en raison, selon le ministère, d’un rattrapage des prix résultant de la restructuration de la filière porcine québécoise. La hausse des prix moyens a atteint 10 % pour les éleveurs de bovins et de veaux d’abattage par rapport à 2023. Les recettes agricoles des productions animales ont affiché une hausse de 306 M$ pour atteindre 7,3 G$.

Les productions végétales ont vu leurs recettes monétaires s’accroître de 147 M$ par rapport à 2023, pour se chiffrer à 5 G$. « De façon générale, les cultures ont bénéficié de meilleures conditions météorologiques en 2024 comparativement aux conditions défavorables observées en 2023. En particulier, les érablières ont enregistré des rendements à l’entaille exceptionnels qui ont mené à un volume de récolte sans précédent en 2024. Notons aussi que la météo a été plus favorable en 2024 qu’en 2023 pour les volumes récoltés de plusieurs légumes de champ et de canneberges », lit-on dans le document.

Toutefois, les conditions de marché ont été propices à une baisse des prix du maïs et du soya au Québec, en 2024. Comparativement à l’année précédente, le prix moyen du maïs a connu une baisse de 23 %, pour atteindre 240 $/t. Celui du soya a reculé de 21 % pour s’établir en moyenne à 550 $/t.