Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a annoncé, à son tour, des tarifs douaniers de 25 % sur les produits américains, à compter du 4 février. Crédit : CPAC
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S'abonner maintenantEn représailles aux tarifs douaniers de 25 % annoncés par un décret du président Donald Trump, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que des mesures tarifaires de 25 % s’appliqueront sur 155 G$ de marchandise américaine. Bon nombre de produits alimentaires et forestiers figurent parmi les produits visés.
Le 4 février, 30 G$ de produits américains seront touchés par ces mesures, puis 21 jours plus tard, pour donner le temps aux entreprises canadiennes de trouver des produits de remplacement, 125 G$ supplémentaires de marchandise seront frappés de tarifs douaniers. « La bière américaine, le vin, le bourbon, les fruits, le jus de fruits incluant le jus d’orange, ainsi que les légumes, le parfum, les vêtements et les chaussures. Ça inclura les principaux produits de consommation tels que les électroménagers et les équipements sportifs, et des matériaux comme le bois et le plastique. Et bien d’autres encore », a mentionné Justin Trudeau, en conférence de presse, le 1er février.
Le premier ministre a également appelé les Canadiens à être solidaires en ces temps qui s’annoncent difficiles. « C’est le temps de choisir des produits d’ici et des entreprises d’ici, d’appuyer nos producteurs agricoles, nos manufacturiers, nos travailleurs, nos entrepreneurs, nos artistes », a-t-il déclaré.
Au lendemain de l’annonce, des listes de produits de remplacement dressées par des citoyens canadiens circulaient sur les réseaux sociaux.
Cartons de lait et fertilisants
La liste exhaustive des 30 G$ de produits américains frappés de tarifs douaniers à la frontière canadienne a été dévoilée en mi-journée le 2 février. Aux fruits, légumes et bois annoncés par Justin Trudeau, lors de son allocution de la veille, s’ajoutent la volaille, les produits laitiers et les œufs, notamment.
Plusieurs experts siégeant au Conseil sur les relations canado-américaines mis en place le 16 janvier ont incité le gouvernement à prendre garde aux produits visés. En entrevue avec La Terre, celui qui représente le secteur agricole canadien au Conseil, le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron, a mentionné que des emballages utilisés par son secteur, comme les cartons de lait ou les contenants maraîchers, proviennent majoritairement des États-Unis, tout comme les fertilisants.
Même si on a de la potasse ici, les produits de fertilisation, on en achète de bons volumes aux États-Unis. Ça risque [d’avoir un impact de la même façon que] la guerre de l’Ukraine et les engrais russes [lorsqu’on a mis] un tarif pour les punir, mais en même temps, au bout de la ligne, c’était nous qui payions la facture ici directement, alors ça va être important d’évaluer.
Aide directe réclamée
Rappelons que dès le 4 février, les produits canadiens exportés aux États-Unis se verront imposer un droit de douane de 25 %. Au Québec, 68 % des exportations agricoles et agroalimentaires se dirigent vers les États-Unis. Au Canada, le ratio est de 60 %.
Martin Caron s’attend, tant au fédéral qu’au provincial, à avoir des programmes ciblés pour aider les entreprises agricoles à développer d’autres marchés, mais également de l’aide directe pour les entreprises touchées. « Je l’ai mentionné, que ce soit au Conseil canado-américain ou même au niveau du provincial, il ne faut pas avoir de système de prêts. On ne veut pas des prêts, on veut avoir un soutien directement, parce que de mettre ça dans un prêt qui s’étire dans le temps, la dette reste là au niveau de nos entreprises », dit-il.
M. Caron a également souligné l’importance de ne pas imposer de plafond au programme de travailleurs étrangers temporaires pour ne pas déstabiliser davantage la chaîne d’approvisionnement au Canada.
Le premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé que son gouvernement aidera les entreprises pénalisées par cette guerre commerciale. « Tous les ministres sont au travail pour passer au travers de cette période qui risque d’être très difficile », a-t-il indiqué en point de presse.
À La Terre, le cabinet du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, a signifié vouloir tout faire pour protéger les entreprises agricoles du Québec. « On doit se serrer les coudes et coordonner la réponse ensemble. On invite les Québécois à choisir les produits d’ici. C’est la meilleure manière de soutenir nos producteurs et productrices », a-t-on indiqué. Une rencontre était prévue le 2 février avec l’UPA à cet effet.