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Selon l’entente de principe, le prix aux producteurs devrait augmenter de 0,30 $ la livre en deux ans. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Selon l’entente de principe, le prix aux producteurs devrait augmenter de 0,30 $ la livre en deux ans. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Les acheteurs inquiets de l’augmentation importante du prix du sirop

Une entente de principe a été signée entre les acheteurs de sirop d’érable et les producteurs acéricoles. Ces derniers pourraient recevoir 0,21 $ la livre de plus en 2023, puis ensuite 0,09 $ de plus en 2024, pour une augmentation totale du prix minimum de 0,30 $ la livre.

Cette information a été confirmée par Sylvain Lalli, président du Conseil de l’industrie de l’érable (CIE). Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) reconnaissent qu’une entente de principe est intervenue, sans vouloir en révéler la nature ni la commenter.

À la suite de cette entente de principe, des détails restent à être réglés avant de signer formellement la nouvelle convention de mise en marché collective. La dernière convention, d’une durée de trois ans, venait à échéance à la fin de 2022, et avait fixé le prix à 3 $/lb pour le sirop doré. 

Une négociation difficile

Pour cette nouvelle convention, de nombreux acériculteurs réclamaient une augmentation significative du prix qui leur est offert pour leur sirop, et ce, en raison des hausses de leurs coûts de production, marquées par l’accroissement du prix de l’équipement, du mazout, de la main-d’œuvre, etc.

De leur côté, les acheteurs craignent qu’une hausse du coût du sirop diminue encore davantage leurs marges bénéficiaires, tout en diminuant carrément les ventes de sirop sur les marchés national et international. L’affrontement de ces deux réalités a conduit à des négociations difficiles, mentionne Sylvain Lalli.  « Ça fait plusieurs conventions que je négocie, plus d’une douzaine, et ce fut l’une des plus difficiles. Les producteurs ont de grands besoins, avec des coûts de production que je trouve énormes. Et chez les transformateurs, [qui achètent le sirop], la façon de voir les choses diffère selon les grandes entreprises, les moyennes et les petites. C’était donc délicat », indique-t-il, spécifiant toutefois que le ton a été bon avec les PPAQ, permettant des négociations « sans prise de bec ».

Il n’en demeure pas moins que l’augmentation de 0,30 $/lb, soit près de 10 %, risque de faire mal aux ventes, s’inquiète M. Lalli. Son organisation a commandé une étude sur l’effet de la hausse des prix, laquelle conclut qu’une augmentation de 10 % du prix de vente du sirop se traduirait par une baisse de 20 % des ventes. « Ça me fait très peur, une telle augmentation en deux ans. Est-ce que [l’industrie de l’érable] se tire dans le pied? C’est le consommateur qui va faire le choix, mais en général, ce qu’on nous dit, c’est qu’en Europe, les produits sucrants perdent des parts de marchés. Et depuis un an, avec la semi-crise économique, il y a déjà un recul des ventes en Asie et en Europe de 10 à 20 % », affirme-t-il, en entrevue avec La Terre.

Il ajoute que certains transformateurs de sirop, qui avaient offert une prime supplémentaire pour le sirop des producteurs le printemps passé, n’ont pas réussi à refiler cette augmentation à leurs distributeurs ou aux détaillants. « On a des enjeux financiers. [Avec la hausse du prix d’achat du sirop, l’augmentation des frais de transport, le prix des bouteilles et la baisse des ventes anticipées], ce sera une année névralgique pour plusieurs transformateurs », anticipe-t-il.


Plus de détails à venir sur la situation des transformateurs dans l’édition du 18 janvier.