Selon les chiffres de l’Association des marchands de machines aratoires du Québec, le ralentissement des ventes touche surtout l’équipement un peu plus dispendieux, comme les tracteurs à quatre roues motrices. Photo : Gracieuseté de l’ITAQ
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S'abonner maintenantLes ventes de machineries agricoles ont légèrement ralenti cet hiver, principalement en raison des prix élevés et du climat économique incertain, mais pas autant que certains concessionnaires l’appréhendaient.
« C’est moins pire que prévu; on n’est pas à 200 % comme c’était en 2019 jusqu’à 2021, mais quand on voit l’industrie globale, on peut se consoler que ce ne soit pas un ralentissement aussi marqué qu’aux États-Unis », observe Pierre Poitras, directeur des ventes à la succursale JLD-Laguë de Saint-Bruno, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Ceci illustre bien les chiffres de l’Association des marchands de machines aratoires du Québec (AMMAQ), qui dénotent un ralentissement des ventes en 2025 par rapport à 2024, surtout du côté des plus gros équipements (voir encadré). « Par contre, l’usagé sort bien, et on n’a pas d’échos nous laissant croire que les ventes vont mal à travers le Québec; le moral des troupes est super », rapporte André Savard, directeur général de l’AMMAQ.
En effet, d’autres concessionnaires contactés par La Terre dans différentes régions ont dit ne pas avoir remarqué de baisse de leurs ventes, soulignant néanmoins que les clients étaient quand même plus prudents. « On a parfois besoin de jongler un peu plus, parce que les clients réfléchissent plus longtemps, mais les ventes restent pas pires. Parfois, ils décident d’aller vers l’usagé », confie Réjean Fecteau, chez Dorchester Équipements, à Sainte-Marguerite, dans Chaudière-Appalaches. D’autres se tournent vers des programmes de subventions pour réduire le coût de l’équipement de grandes cultures, « ce qui sauve un peu la mise », indique de son côté M. Poitras, de JLD-Laguë.
L’hiver garde les ateliers mécaniques occupés
Les ateliers mécaniques ne sont pas au ralenti pour autant, ont indiqué les représentants des concessionnaires questionnés. Car certains d’entre eux incitent les producteurs agricoles à faire les réparations de présaison pendant la pause hivernale, en leur proposant des rabais. Pour d’autres, c’est le déneigement qui tient occupé. Si le travail au champ est sur pause, la neige continue de faire son œuvre sur les déneigeuses, dont les transmissions et les prises de force ont régulièrement besoin d’être réparées. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’automne et l’hiver ont été « rock’n’roll », confie M. Poitras. « On a eu un départ très occupé, à la limite de ne plus être capables de fournir et d’envoyer du travail dans d’autres succursales. Donc le travail s’est accumulé et étiré jusqu’à tout récemment », confie-t-il. Même scénario du côté du Bas-Saint-Laurent, où Martin Roussel, directeur des ventes du Centre Agricole, rapporte de grosses bordées de neige très tôt à l’automne, mais une accalmie par la suite, avec une accumulation beaucoup moins importante que ce que la région reçoit habituellement. « Donc c’est un peu plus tranquille pour les réparations maintenant », dit-il.
