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Le prix offert aux éleveurs de bouvillons du Québec pourrait être affecté par la suspension des activités de l’abattoir ontarien Ryding-Regency Meat Packers. Photo : Julie Mercier/TCN

Le prix offert aux éleveurs de bouvillons du Québec pourrait être affecté par la suspension des activités de l’abattoir ontarien Ryding-Regency Meat Packers. Photo : Julie Mercier/TCN

La suspension d’un abattoir ontarien inquiète les éleveurs de bouvillons

Les éleveurs de bouvillons québécois sont sur le qui-vive depuis l’annonce de la suspension du permis d’abattage de Ryding-Regency Meat Packers, l’un de leurs acheteurs, par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), le 17 septembre.

L’ACIA a pris sa décision en raison de l’absence de « mesures de contrôle efficaces » relevée au cours d’une inspection sur la salubrité des installations de l’entreprise. Une possible contamination à la bactérie Escherechia coli (E. coli) de souche bovine serait en cause.

« La suspension demeurera en vigueur jusqu’à ce que l’ACIA détermine que l’établissement a pris des mesures correctives qui convenaient pour corriger les cas de non-conformité », a mentionné à La Terre l’organisme fédéral par courriel, ajoutant que la licence pourrait être retirée si ces mesures ne sont pas prises dans les 90 jours suivant la suspension.

Impact potentiel sur les prix

La décision inquiète Jean-Marc Paradis, président du Comité de mise en marché des bouvillons d’abattage (CMMBA). Selon lui, elle pourrait avoir à moyen terme un impact négatif sur le prix offert aux éleveurs de bouvillons qui s’établit présentement à environ 2,30 $/lb. « Lorsqu’on enlève un acheteur, on enlève de la compétition », explique celui qui est aussi producteur en Montérégie.

La suspension des activités de Ryding Regency survient quelques semaines après l’incendie, le 10 août, de l’abattoir Tyson au Kansas, qui avait déjà privé l’industrie nord-américaine de sa capacité d’abattage de 6 000 têtes par jour. « La situation était déjà problématique, indique M. Paradis, désignant le nombre moindre d’acheteurs pour les bouvillons prêts à l’abattage. Si on arrête Ryding Regency un mois, ça devrait aller, mais si on parle d’un arrêt de six mois, là, il pourrait y avoir un grand impact pour nous. » Bien qu’il soit impossible de savoir combien de bouvillons québécois sont abattus par Ryding-Regency, en banlieue de Toronto, les données d’Agriculture et Agroalimentaire Canada indiquent que l’Ontario comptait en 2018 un total de six abattoirs d’une capacité moyenne de 282 têtes par jour.

Rappel de viandes

Dans une déclaration affichée sur son site Web, Ryding Regency confirme que ses procédures ont été « défaillantes » pendant « certains jours ». La situation a amené l’entreprise à rappeler « par mesure de précaution » la viande de bœuf et de veau qui aurait transité par ses installations durant cette période en raison d’une possible contamination à la bactérie E. coli de souche bovine. L’ACIA confirme d’ailleurs qu’aucun cas d’intoxication à cette bactérie n’a été recensé en lien avec la consommation de viandes provenant de l’abattoir. « Nous continuons de travailler avec l’ACIA pour améliorer nos activités et rétablir notre permis », ajoute l’entreprise.