Québec a annoncé, à la fin janvier, un investissement de 7,6 M$ dans le projet d’agrandissement du terminal maritime de Sorel-Tracy, qui joue un rôle stratégique dans le développement maritime régional et provincial, notamment pour l’industrie agricole. Photo : Shutterstock
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S'abonner maintenantInvestissement Québec a annoncé, le 19 février, un nouveau programme de prêts en soutien aux entreprises souhaitant diversifier leurs marchés d’exportation ailleurs qu’aux États-Unis.
Baptisé Panorama, ce programme propose des prêts à terme allant de 250 000 $ à 1 M$, avec un moratoire sur le remboursement du capital pouvant aller jusqu’à 24 mois.
L’objectif est d’offrir un fonds de roulement permettant l’augmentation et la diversification des revenus des entreprises au Canada et à l’international. Cela peut notamment servir à l’ouverture d’un bureau à l’étranger pour la vente, les services ou la logistique, mentionne Investissement Québec dans un communiqué.
L’aide sera accordée sans exigence dans la mesure où les entreprises présentent une santé financière solide et une bonne expérience à l’exportation. Pour les projets nécessitant un investissement supérieur à 1 M$, il est suggéré de combiner cette aide à d’autres programmes.
Cette annonce survient dans le contexte où les États-Unis menacent d’imposer des tarifs douaniers sur plusieurs produits d’importation, dont les produits agroalimentaires.
« Toute aide est la bienvenue »
Pour Janin Boucher, l’un des trois propriétaires de l’usine de transformation porcine CBCo Alliance, située aux Cèdres, en Montérégie, toute nouvelle aide pouvant soutenir la liquidité des entreprises qui exportent leurs produits est la bienvenue.
On ne sait pas encore si les tarifs américains seront de 25 %, de 10 % ou de 5 %, mais si c’est 25 %, pour nous, c’est terminé aux États-Unis, car on ne sera plus compétitifs .
Il précise que pour des entreprises comme CBCo Alliance, qui a des ventes de presque 200 M$, il faudra toutefois des programmes d’aide plus substantielle pour réorienter ou absorber les tarifs reliés au tiers de sa production actuellement exportée au sud de la frontière.
Les États-Unis représentant le marché où les transformateurs de porc québécois et canadiens vendent un grand volume de produits de porc frais, en raison de la proximité, M. Boucher appréhende aussi des problèmes de logistique importants. « Car actuellement, au Québec, on n’a pas assez de place de congélation si tout le monde vire en même temps à 180 degrés pour congeler plus de produits, on n’a pas assez de conteneurs et de bateaux pour les faire sortir dans d’autres marchés », estime-t-il.
Janin Boucher salue d’ailleurs les investissements annoncés à la fin janvier par Québec dans les infrastructures maritimes de Sorel-Tracy, mais il croit que d’autres efforts devront être faits en ce sens.