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Le producteur Gérald Lavoie est accompagnateur pour le Groupement des chefs d’entreprise, à Drummondville. Crédit photo : Gracieuseté de Roxanne D’Astous, photographe

Le producteur Gérald Lavoie est accompagnateur pour le Groupement des chefs d’entreprise, à Drummondville. Crédit photo : Gracieuseté de Roxanne D’Astous, photographe

« Cessez d’être victimes »

C’est l’une des premières choses que l’éleveur laitier Gérald Lavoie dit aux agriculteurs qu’il rencontre comme accompagnateur pour le Groupement des chefs d’entreprise, à Drummondville.

Le producteur biologique de La Matapédia estime que les agriculteurs oublient trop souvent leur « posture » d’entrepreneurs. Et pourtant, ils doivent « se prendre en main » au même titre que d’autres chefs d’entreprise. « ll faut qu’on s’enlève les œillères. On n’est pas les seuls [en agriculture] à vivre des situations difficiles », affirme-t-il sans détour.

« On doit apprendre à gérer des niveaux de risque plus élevés, nuance M. Lavoie. Ça serait facile de se laisser emporter par le sentiment de stress, d’insécurité, la peur de ne pas arriver [financièrement]. » D’où la nécessité d’avoir « les bons outils de gestion » et de s’entourer, par exemple, de conseillers financiers pour veiller au bien-être de l’exploitation. Un réflexe qui n’est pas donné à tous les agriculteurs, alors que plusieurs ont conservé la mentalité de « travailler pour régler leurs dettes le plus vite possible », analyse M. Lavoie. L’accompagnateur croit qu’il faut dorénavant se demander : « Suis-je au service de mon entreprise ou de mes besoins personnels? »

Carburer au feeling

L’an dernier, Gérald Lavoie a investi 2 M$ pour agrandir et moderniser son entreprise, alors qu’il cumulait déjà une dette de 1 M$.

« Malgré tout ça, on a décidé de faire le move, car mon intuition était là », justifie le producteur. Selon lui, les agriculteurs sont souvent guidés par leur feeling. Il admet toutefois qu’il n’a pas toujours été aussi proactif, voire audacieux dans ses décisions d’entreprise. Ce qui l’a aidé? Avoir un coach d’affaires. Il estime que tout entrepreneur devrait en avoir un.

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