Le rendement de maïs a été à son plus bas, lors de la saison 2025, des 10 dernières années. Photo : Marie-France Létourneau
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S'abonner maintenantDans les champs, les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. Alors que la saison 2024 a été marquée par des conditions climatiques favorables et des rendements à la hausse, la météo a joué les trouble-fête en 2025. Résultat : plusieurs cultures en ont souffert et le nombre d’avis de dommages a doublé.
« Les rendements sont carrément médiocres pour le maïs et le soya, laisse tomber l’analyste principal des marchés aux Producteurs de grains du Québec (PGQ), Ramzy Yelda. Ce sont les plus bas depuis 10 ans. »
De façon globale, pratiquement tous les rendements (tonne à l’hectare) ont glissé en 2025, comparativement à l’année précédente : maïs (-13 %), soya (-18 %), blé (6 %), orge (-6 %), avoine (-8 %), canola (-4 %).
Selon M. Yelda, les semis de maïs et de soya ont été retardés et complexifiés par les pluies abondantes de mai et de juin. La sécheresse observée à partir de la mi-juillet a également fait son œuvre, fait-il valoir.
Le soya étant principalement réservé à l’exportation, la production de 1,17 million de tonnes ne pose pas de problème, souligne l’analyste de marchés. Par contre, ajoute-t-il, la production de maïs de 2,95 millions de tonnes est problématique, car elle ne suffit pas à la demande locale de 3 à 3,1 millions de tonnes.
Le portrait est un peu moins sombre du côté des céréales. « Même si les rendements sont un peu décevants », elles ont été moins affectées par les conditions climatiques, relève Ramzy Yelda. Le blé d’automne s’en est particulièrement bien sorti, tant pour le rendement que pour la qualité, précise-t-il.
Les superficies de blé d’automne et de seigle d’automne ont par ailleurs augmenté par rapport à 2024 et sont toutes deux les plus élevées de l’histoire de la province : 63 900 ha pour le blé et 36 400 ha pour le seigle, ce qui représente une hausse respective de 86 % et 21 %, a récemment rapporté l’agent d’information sur les marchés aux PGQ, Étienne Lafrance.

Boum d’avis de dommages
Sans surprise, le programme d’assurance récolte de La Financière agricole du Québec (FADQ) a été grandement sollicité avec le cocktail météo de la saison 2025.
« La FADQ a reçu un nombre plus élevé d’avis de dommages en 2025, comparativement aux 10 dernières années, souligne la directrice de l’intégration des programmes à la FADQ, Annie Flamand. Juste par rapport à l’an dernier, on a reçu plus du double d’avis pour les céréales, maïs-grain et protéagineuses. »
Pour cette seule catégorie, 6 477 avis de dommages avaient été répertoriés à la FADQ en date du 31 décembre, comparativement à 3 070 pour la saison 2024. Les indemnités versées pour la saison 2025 s’élevaient à 35,4 M$ à cette date, contre 11,9 M$ l’année précédente, souligne Mme Flamand.

« L’hiver s’est bien passé, mais l’importante quantité de précipitations au printemps a retardé les semis. Il y a ensuite eu un déficit hydrique », résume-t-elle.
Les dates limites de semis (maïs-grain, soya, canola) ont par ailleurs dû être prorogées au printemps dans plusieurs régions. Même chose lors des récoltes à l’automne en raison de la neige hâtive, en novembre.
Particularité, selon Annie Flamand : la région Chaudière-Appalaches a vu plusieurs champs de maïs-grains être récoltés en maïs fourrager afin de compenser les faibles rendements de cette culture et de combler les besoins en alimentation animale.