L’objectif de la SQ était d’encadrer la manifestation au début du siège. Crédit photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantEn 1998, plusieurs jeunes venaient de réinvestir dans leur ferme porcine dans un contexte économique difficile, se rappelle l’ancien président du Syndicat des producteurs de porcs du Centre-du-Québec, Jean-Guy Vincent. En plus de la baisse de prix et des compressions annoncées dans l’assurance stabilisation, « Olymel venait de se retirer de l’abattage des truies ». La grogne se fait sentir chez les éleveurs à une époque où les autochtones bloquent aussi des routes à travers le Québec.
« On s’en va sur la 20 »
La décision est prise lors d’un conseil d’administration présidé par Jean-Guy Vincent, dans le Centre-du-Québec. « OK, vous voulez aller manifester; on a une semaine pour se préparer. On s’en va sur la 20, ça va être réglé », raconte l’ancien président régional.
À l’Union des producteurs agricoles (UPA), Laurent Pellerin apprend qu’un groupe de Sainte-Séraphine prépare quelque chose, mais poursuit les pourparlers avec le gouvernement.
Les préparatifs vont de bon train, jusqu’à ce que Jean-Guy Vincent se fasse convoquer par la Sûreté du Québec (SQ). « Ils nous ont expliqués que [leur objectif] n’était pas d’empêcher les manifestations, mais de les encadrer. » Mais les producteurs sont structurés dans leurs démarches, ce qui plaît à la police. C’est aussi à ce moment-là qu’il est décidé que les truies qui ne « valent rien » feront également partie du voyage.
La veille du débarquement, l’UPA tente une négociation de la dernière chance. Laurent Pellerin rencontre le ministre de l’Agriculture de l’époque, Guy Julien, dans ses bureaux de Trois-Rivières, vers 23 h 30, sans succès, ce qui annonce le déclenchement des opérations pour le 18 septembre.
« On avait demandé l’accompagnement du ministère de la voirie pour nous aider à nous installer [vers 5 h] et rapidement, les camions avaient été dirigés, les tentes montées, les clôtures érigées, les mangeoires pour les truies installées […]. À 7 h le matin, à la conférence [de presse], les médias n’en revenaient pas de voir ça », raconte M. Vincent. Ce que les organisateurs n’ont pas prévu, c’est l’achalandage sur les routes du Québec durant cette fin de semaine, notamment en raison du Festival western de Saint-Tite et du Conseil national du Parti québécois de Lucien Bouchard, à Laval.
En Afrique
Vendredi 18 septembre, le président de l’UPA, Laurent Pellerin, tente une dernière fois de rencontrer le ministre, qui refuse de négocier tant que les producteurs bloqueront la route. Or, les fonctions du président l’appellent ailleurs et dans l’après-midi, il s’envole vers le Mali pour honorer ses engagements auprès d’UPA Développement international.
« On était en contact satellite [avec le Québec] parce qu’à l’époque, il n’y avait pas de cellulaires et on suivait ça de très près », affirme M. Pellerin. Ce dernier s’entretient directement avec le bureau du premier ministre, Lucien Bouchard, et apprend que le blocage sera démantelé dans la nuit de lundi à mardi. Laurent Pellerin revient « en catastrophe », pendant la levée du siège qui s’effectue « sans trop de heurts ».
Le gouvernement accepte quelques semaines plus tard de réajuster le calcul du coût de production et, en janvier 1999, les prix aux États-Unis remontent.
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