Actualités 4 octobre 2018

Il y a 20 ans, les producteurs de porcs bloquaient l’autoroute 20

« Ils étaient 350 à prendre l’autoroute 20 d’assaut, à la hauteur de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, dès 6 heures du matin le 18 septembre », écrivait en 1998 Jean-Charles Gagné dans La Terre de chez nous. Il y a 20 ans, les éleveurs de porcs créaient un précédent dans l’Histoire agricole du Québec en bloquant durant cinq jours l’autoroute Jean-Lesage. Retour sur l’événement qui a marqué plusieurs générations de producteurs.

En 1996, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard adopte une loi devant mener à l’atteinte du déficit zéro et le budget du ministère de l’Agriculture est amputé de 100 M$. « Une très grande partie de ces 100 M$ était appliquée sur l’assurance stabilisation du porc », se rappelle Clément Pouliot, à l’époque président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec. Les négociations avec le gouvernement dureront plus de deux ans.

Parallèlement, en 1998, la production porcine américaine est en croissance, mais les abattoirs ne parviennent pas à suivre le rythme. Le prix du porc chute radicalement aux États-Unis, ce qui entraîne le prix sous la barre de 1 $/kg carcasse pendant quelques semaines au Québec. Un tiers des fermes porcines se retrouvent alors sur la corde raide, et devant l’impasse des négociations avec le gouvernement, des producteurs prennent d’assaut l’autoroute Jean-Lesage. 

18 au 22 septembre

Provenant de la Mauricie, de Saint-Hyacinthe et du Centre-du-Québec, 350 producteurs bloquent la voie de l’autoroute 20 en direction de Québec le 18 septembre 1998. « C’était la première gelée d’automne », se rappelle l’ancien président du Syndicat des producteurs de porcs du Centre-du-Québec, Jean-Guy Vincent. Les éleveurs s’arment de génératrices, de tentes, de BBQ, de balles de foin et de grains pour nourrir la centaine de truies de réforme laissées en liberté dans le périmètre sécurisé. 

« Il y avait des jeunes couples en grande détresse qui étaient au bout du rouleau », avoue M. Pouliot avec le recul. L’appel des producteurs de porcs est entendu à travers la province et des autobus entiers de producteurs viennent relayer les éleveurs de la région. « Finalement, le lundi [21 septembre], Lucien Bouchard avait demandé à la Sûreté du Québec de nous sortir et on est partis le mardi matin », affirme M. Pouliot. 

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