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  • Joëlle Noreau, économiste chez Desjardins. Crédit photo : Gracieuseté de Desjardins

    Joëlle Noreau, économiste chez Desjardins. Crédit photo : Gracieuseté de Desjardins

  • Jean-Philippe Gervais, économiste en chef de FAC. Crédit photo : Gracieuseté de Financement agricole Canada

    Jean-Philippe Gervais, économiste en chef de FAC. Crédit photo : Gracieuseté de Financement agricole Canada

Des marges plus serrées dans tous les secteurs en 2016

La valeur du dollar canadien va continuer de jouer un rôle de premier plan en 2016, mais les marges bénéficiaires de plusieurs secteurs pourraient se resserrer.

En 2015, le revenu agricole a chuté de 38 % aux États-Unis, alors qu’au Canada la baisse a été beaucoup moins importante. La principale raison de cet écart repose sur la faiblesse du huard, qui fait en sorte que les prix mondiaux des produits agricoles sont gonflés une fois convertis en dollars canadiens.

« Le dollar va être sous la parité pour encore un bon moment », estime Joëlle Noreau, économiste chez Desjardins. Selon elle, il est cependant trop tôt pour conclure que le dollar va glisser sous les 70 cents américains. « Je commence à être un peu nerveux; la glissade se poursuit », a commenté Jean-Philippe Gervais, économiste en chef de Financement agricole Canada (FAC) en date du 18 décembre.

Le jeu des taux d’intérêt pourrait faire chuter un peu plus le dollar canadien. « L’écart de taux d’intérêt va se creuser », ajoute Joëlle Noreau. Bien que le marché ait anticipé la première hausse du 16 décembre dernier aux États-Unis, il est probable que la banque centrale américaine accroisse de nouveau ses taux en mars prochain. La Banque du Canada a déjà affirmé son intention de ne pas augmenter ses taux d’intérêt pour le moment. Or, plus l’écart entre les deux pays est grand, plus la demande pour les dollars canadiens sera faible, surtout si le marché des matières premières demeure déprimé.

La remontée prévue du dollar sera donc progressive et ne se fera probablement pas avant la 2e partie de 2016. Desjardins prévoyait, le 21 décembre dernier, que le dollar devrait s’échanger à 75 cents américains au quatrième trimestre de 2016. Ces prévisions sont révisées mensuellement.

« Les taux fixes à long terme pourraient commencer à monter », souligne par ailleurs Jean-Philippe Gervais, qui estime que l’inaction de la Banque du Canada n’empêchera pas une remontée des taux d’intérêt fixes sur les prêts à long terme, qui ne dépendent pas uniquement du taux préférentiel de la banque centrale.

Marges plus serrées

« Le dollar va encore nous aider à garder les marges de profits », évalue l’économiste de FAC, qui prévoit toutefois que ces marges seront plus serrées pour tous les secteurs, notamment celui du bœuf. Ces marges resteront faibles pour le porc. Le prix des veaux, en baisse, pourrait néanmoins profiter un peu au secteur des bouvillons.

Du côté des céréales, on ne s’attend pas à des miracles. Joëlle Noreau fait remarquer que les stocks de céréales (maïs, blé, soya) sont « très élevés », soit bien plus que la moyenne de cinq ans. « Ça ne tire pas très fort pour augmenter les superficies », indique l’économiste.

Jean-Philippe Gervais estime que le prix des céréales « se maintiendra au niveau actuel » et continuera de bénéficier de l’effet du dollar. Une légère baisse pourrait néanmoins survenir au début de 2016. Par ailleurs, le marché du soya et des oléagineux pourrait indirectement tirer avantage d’une météo défavorable pour les régions productrices d’huile de palme, qui bordent le Pacifique et qui sont affectées par El Niño.

Les deux économistes consultés mettent toutefois les agriculteurs en garde en ce qui concerne la météo. En raison des changements climatiques, il est possible qu’une perturbation importante, comme une sécheresse, puisse faire remonter le prix des grains plus tard en 2016. Rien n’est donc coulé dans le béton.

Le dollar canadien valait…

0,85 $ US le 2 janvier 2015
0,71 $ US le 18 décembre 2015

Source : Taux de clôture de la Banque du Canada

 

Plus de détails dans l’édition du 6 janvier de La Terre de chez nous.