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L’aventure de l’asclépiade s’étant avérée décevante jusqu’à présent, le producteur Martin Bélanger a mis au point une récolteuse qui se veut mieux adaptée à cette culture. Photo : Gracieuseté de Martin Bélanger

L’aventure de l’asclépiade s’étant avérée décevante jusqu’à présent, le producteur Martin Bélanger a mis au point une récolteuse qui se veut mieux adaptée à cette culture. Photo : Gracieuseté de Martin Bélanger

Un agriculteur inventif veut aider l’industrie de l’asclépiade

Le succès planétaire promis à l’industrie québécoise de l’asclépiade, communément appelée « la soie d’Amérique », a dégonflé ces dernières années en raison de problèmes de récolte et de conditionnement de la soie, une situation que l’agriculteur Martin Bélanger veut en partie corriger avec la nouvelle machine qu’il a inventée.

« Je viens d’une famille d’inventeurs; mon père avait déjà fabriqué un prototype de semoir à semis direct avec l’Université Laval. Alors, quand on a vu tous les problèmes pour récolter l’asclépiade, on a décidé d’inventer nous-mêmes une machine », dit Martin Bélanger, qui a fait des études pour devenir machiniste avant de faire le saut en agriculture.

Résultat : une machine inédite, dessinée par ordinateur avec des pièces découpées au laser, capable de récolter plusieurs hectares d’asclépiade à l’heure et de préserver une excellente qualité de la fibre, assure-t-il. « La particularité majeure de ma récolteuse est qu’elle n’arrache pas les tiges du sol. Son système d’espacement variable breveté permet une vitesse impressionnante au champ sans bourrage. Le système permet également de remplir l’objectif de récolter tôt lorsque la majorité des feuilles sont toujours présentes afin de préserver l’intégralité des follicules », explique avec fierté M. Bélanger, de l’entreprise Belagri, une ferme céréalière située à Rivière-Bleue au Témiscouata.

À gauche, le premier prototype de récolteuse installé devant une moissonneuse-batteuse, et à droite, la dernière version, un modèle traîné. Celle-ci sera encore améliorée afin de faire grimper son taux d’efficacité, qui se situe présentement à 80 %.

À gauche, le premier prototype de récolteuse installé devant une moissonneuse-batteuse, et à droite, la dernière version, un modèle traîné. Celle-ci sera encore améliorée afin de faire grimper son taux d’efficacité, qui se situe présentement à 80 %.

R et D maison

Son premier prototype de récolteuse, installé devant une moissonneuse-batteuse, tentait de récolter la gousse et d’extraire la fibre en même temps, ce qui créait des problèmes de qualité. Sa dernière version consiste plutôt en une machine traînée derrière un tracteur qui prélève uniquement les gousses pour les acheminer vers une remorque. « Avec les superficies actuelles, deux machines comme la mienne récolteraient tout ce qui se fait au Québec », analyse M. Bélanger, qui cultive lui-même une trentaine d’hectares d’asclépiade depuis sept ans. Sa culture d’asclépiade n’ayant pas livré les revenus escomptés jusqu’à maintenant, il tente de tourner cette situation décevante en une occasion d’affaires, en vendant notamment sa nouvelle machine.

Une bonne nouvelle

Sa récolteuse représente une bonne nouvelle aux yeux de Martin Dufour, le président de la coopérative Monark qui regroupe plusieurs producteurs d’asclépiades. La coopérative a longtemps cherché un moyen efficace de récolter la fibre et M. Dufour indique qu’une récolteuse performante pourrait permettre d’intéresser davantage d’agriculteurs à cultiver l’asclépiade à moyenne ou grande échelle.

Rappelons que jusqu’à maintenant, la cueillette s’effectue à la main ou avec un peigne positionné à l’avant d’un tracteur, deux techniques qui exigent plusieurs jours pour récolter un seul champ.