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Les agriculteurs doivent se préparer à une multiplication des épisodes de précipitations intenses dans les prochaines années, affime le chercheur Aubert Michaud. Photo : Gracieuseté d’Aubert Michaud

Les agriculteurs doivent se préparer à une multiplication des épisodes de précipitations intenses dans les prochaines années, affime le chercheur Aubert Michaud. Photo : Gracieuseté d’Aubert Michaud

Trop de pluie en peu de jours

Les pluies diluviennes, comme celles qui se sont abattues sur le sud du Québec au début du mois, ne sont pas une bonne nouvelle, affirme un expert en hydrologie. Mais les agriculteurs doivent s’y préparer, car les épisodes de météo extrême ne seront plus l’exception à l’avenir. 

Mikael Meunier, un agriculteur de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, a trouvé ses terres inondées le 5 août et ses champs de maïs couchés par des précipitations de 150 ml au cours des jours précédents.

Les champs de Mikael Meunier ont été inondés par des pluies diluviennes, le 4 août à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie. Photo : Gracieuseté de Mikael Meunier

Les champs de Mikael Meunier ont été inondés par des pluies diluviennes, le 4 août à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie. Photo : Gracieuseté de Mikael Meunier

« Les fossés débordent», a-t-il raconté en entrevue. «Les pertes sont limitées, mais la récolte prendra plus de temps, car on cueille le maïs à la main. Il faudra se pencher à chaque plant plutôt que de le prendre à notre hauteur. »

Selon Jean-Philippe Bégin, météorologue à Environnement Canada, quelque 75 ml de pluie est tombée en moyenne en 24 heures, les 4 et 5 août, sur plusieurs régions du sud de la province. « En Mauricie, il est même tombé 100 ml de pluie en 24 heures, ce qui est le total moyen de la région pour un mois d’août. »

Ruissellement

Or, dans ces épisodes de précipitations intenses, toute cette eau n’est pas utilisable pour reprendre le déficit hydrique. Elle se contente de ruisseler en surface vers les cours d’eau et n’est pas stockée dans le sol, soutient Aubert Michaud, spécialiste en hydrologie à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA).

« Toute la pluie ne paraît quasiment plus [dans les champs] », confirme Florian Ruckstuhl. Sa ferme située à Sainte-Sabine, en Montérégie, a reçu environ 75 ml de pluie en 24 heures, le 4 août. « La terre est tellement dure. La grande partie de l’eau est allée dans les fossés. »

Ce ruissellement lessive les terres. Il entraîne non seulement des pertes importantes de nutriment, mais aussi de l’érosion des terres et de la dégradation des cours d’eau, rappelle M. Michaud. Les sols plus perméables risquent aussi un appauvrissement car leur azote voyage par les systèmes de drainage souterrain, surtout en début de saison.

« On estime qu’en Montérégie, à peu près 30 kg d’azote sont perdus par hectare dans les eaux de drainage », soutient le chercheur. 

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Pour en savoir plus sur le sujet, consultez notre édition de La Terre de chez nous du 12 août, où nous consacrons un dossier complet sur la question du défi de l’eau dans un contexte de changement climatique.