fbpx
La sécheresse a entraîné une forte hausse des ventes des équipements d’irrigation cette année. Photo : Gracieuseté de Harnois Irrigation

La sécheresse a entraîné une forte hausse des ventes des équipements d’irrigation cette année. Photo : Gracieuseté de Harnois Irrigation

Ruée vers les équipements d’irrigation

Les importants déficits hydriques qui frappent l’ensemble du Québec ont un impact indéniable sur les ventes de systèmes et d’équipements d’irrigation. Des difficultés d’approvisionnement liées à la pandémie ont toutefois engendré d’importants délais de livraison.

« On a eu une année record en ce qui a trait à la vente d’accessoires. Les clients devaient prolonger leur raccordement pour puiser un peu plus loin et un peu plus creux , car leur lac était presque à sec dans bien des cas », affirme Danielle Harnois, directrice générale de Harnois Irrigation.

Chez le distributeur Dubois Agrinovation, on a constaté le même besoin criant pour des équipements d’irrigation. « Le téléphone n’a pas dérougi pendant des semaines. Tous les employés ont été réaffectés au service à la clientèle pour répondre à la demande, raconte son directeur marketing, Frédéric Breton. La sécheresse n’a pas seulement touché le Québec, mais tout l’est du Canada et le nord-est des États-Unis. Nous avons été sollicités de toutes parts. »

Comme si ce n’était pas assez, les mesures de confinement liées à la COVID- 19 ont entraîné des ruptures de stock pour plusieurs équipements pendant quelques semaines.  « Notre fournisseur d’enrouleurs en Italie a fermé pendant deux mois, ce qui a occasionné d’importants retards. N’eût été la pandémie, on en aurait vendu deux fois plus et des producteurs n’auraient pas perdu leurs cultures », se désole Danielle Harnois.

Plusieurs fournisseurs de Dubois Agrinovation ont également été en arrêt de production ou au ralenti. « La situation a occasionné des délais de dix jours alors qu’en temps normal, on est en mesure de livrer à l’intérieur de quatre jours. C’est d’autant plus dramatique pour le producteur puisqu’il peut perdre sa récolte en moins de 24 heures quand le manque d’eau devient critique  », signale Frédéric Breton.

Mieux vaut prévenir…

De l’avis de l’agronome Nadia Surdek, conseillère pour les secteurs maraîchers et fruitiers au Groupe Pleine Terre offrant du service-conseil, la saison en cours et la sécheresse de 2018 montrent à quel point les producteurs doivent être prêts à irriguer lorsque cela est nécessaire. « On doit se préparer à gérer des conditions météo extrêmes […]. Nous n’avons pas toujours une ou deux canicules [par saison], mais en 2018, on a eu l’impression que tout l’été était une longue canicule! »

Avant d’investir, les producteurs devraient prendre en considération dans leurs calculs les baisses de rendement occasionnées par une intervention trop tardive, mais aussi les coûts en main-d’œuvre liés à la gestion de l’irrigation. « Les producteurs peuvent s’informer auprès d’autres fermes déjà équipées et de compagnies d’équipements pour trouver une solution adaptée à la réalité de leur entreprise », mentionne Mme Surdek. 

LIRE AUSSI
Trop de pluie en peu de jours

Pour en savoir plus sur le sujet, consultez notre édition de La Terre de chez nous du 12 août, où nous consacrons un dossier complet sur la question du défi de l’eau dans un contexte de changement climatique.